Les changements à venir dans la formation des enseignants

Avec l’adoption, le 19 février dernier, de la loi « pour une école de la confiance », la formation des enseignants change. Objectif : assurer un meilleur suivi des contenus de formation sur tout le territoire.

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En s’appuyant sur le rapport Ronzeau – Saint-Girons, Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal adoptent de nouvelles mesures qui vont modifier la formation des enseignants. Dans le sillage du vote de la loi « Pour une école de la confiance », les deux ministres entendent « élever le niveau général » d’instruction et de formation. Présentation des principaux changements attendus.

Le concours en fin de M2

Dès 2022, le concours des enseignants aura lieu en M2, suivant la volonté des ministres de rendre le concours davantage professionnalisant. Dans une interview à AEF, Édouard Geffray, DGRH du ministère de l’Education nationale et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, explique : « placer le concours en fin de M2 présente de nombreux avantages : cela permet d’abord de ne plus couper le master en deux comme actuellement. Le concours en M2 va permettre d’étaler les objectifs pour les étudiants : en M1 la diplomation ; en M2 le concours et la diplomation ; après le M2 la titularisation. En outre, aujourd’hui, 50 % des lauréats des concours viennent d’un M1 Meef et 50 % d’un M2 disciplinaire. Le concours en fin de M2 permet donc d’égaliser les conditions de passage entre ces deux types de candidats, sans réduire la diversité de formation ». Instaurer le concours en M2, permettrait donc d’avoir une formation de qualité et d’équité.

Nous allons ouvrir une concertation en mars sur le format et le contenu du concours, mais nous irons vers une approche plus professionnalisante. Édouard Geffray, DGRH du MEN et du MESRI

Autre élément : l’enjeu financier. En effet, si le concours est déplacé en M2, les étudiants ne seront plus des fonctionnaires stagiaires comme c’est le cas aujourd’hui, mais des étudiants en alternance. Leur rémunération sera moindre, une inquiétude relevée par le Sgen CFDT, qui demande : « une rémunération au moins égale à celle perçue par les fonctionnaires stagiaires actuels ». Une crainte que balaye Édouard Geffray, qui précise que « l’objectif [du concours en fin de M2] n’est pas de faire des économies ». La nature du concours fera, quant à elle, l’objet d’une concertation dans les semaines à venir.

Un nouveau référentiel de formation pour le master Meef

L’article 10 de la loi pour une école de la confiance précise « qu’il incombera désormais aux ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur d’arrêter le référentiel de formation du master Meef (Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) ». « Avec le cadrage du master Meef et le référentiel de formation, nous homogénéisons le temps de formation (800 heures) en fixant une ventilation entre les savoirs fondamentaux, les techniques d’apprentissage, la recherche et ce qui est à la main des Espé » explique Édouard Geffray. Face à ce cadre plus contraignant, les équipes universitaires devront revoir leur cursus de formation et de méthodologies éducatives. Le nouveau référentiel doit être présenté au Conseil national de l’enseignement et de la recherche (CNESR) d’ici quelques jours, afin de laisser le temps aux futurs Inspé de se l’approprier pour la rentrée 2020.

La réorganisation des ESPÉ

La disparition des ESPÉ au profit des INSPÉ (instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation) illustre elle aussi la volonté de Jean-Michel Blanquer et de Frédérique Vidal de « faire évoluer la qualité de l’enseignement ». Dans ces futurs instituts nationaux, la volonté première est certes d’homogénéiser au niveau national la formation, mais aussi et surtout de reprendre en main la formation des enseignants par le ministère de l’Éducation nationale. Cette reprise en main s’accompagne notamment de la nomination des directeurs d’INSPÉ par arrêté conjoint des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.

Pour Monique Ronzeau et Bernard Saint-Girons, auteurs du rapport sur lequel se sont appuyés les ministres de l’éducation et de l’enseignement supérieur, « une approche systémique appelle d’autres évolutions touchant aussi bien à l’organisation des concours, qu’à l’environnement et au pilotage de la formation ». Pour faire évoluer le système de formation, de nouvelles concertations auront lieu, notamment avec les syndicats, tout au long du mois de mars.


Les 6 grandes préconisations de Monique Ronzeau et de Bernard Saint-Girons sur la formation des enseignants :

  1. Redonner toute sa cohérence à la formation de master Meef des professeurs des écoles comme des lycées et collèges et en tirer les conséquences au niveau du positionnement du concours
  2. Des évolutions, au-delà de leur positionnement, sur l’organisation des épreuves de concours et leur contenu
  3. Intégrer la préprofessionnalisation comme une donnée structurante du parcours des futurs enseignants
  4. Développer le prérecrutement
  5. Clarifier et anticiper dès la licence l’orientation vers les métiers de l’enseignement
  6. Poursuivre l’évolution des Espé, composantes universitaires, vers un modèle partenarial efficace et équilibré

 

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