A rebours de nombre d’enseignants mobilisés (voir également la motion du 25 janvier de l’APSES ) contre la réforme des retraites et contre les E3C, 50 chefs d’établissements parisiens signent une tribune dans Le Monde pour demander l’arrêt des blocages des établissements. Les blocages, parfois violents, nuisent au déroulement des épreuves communes de contrôle continu du bac.

Pour les signataire en effet, « ce sont les [élèves) les plus vulnérables qui paient le plus lourd tribut. Ceux qui ont des parents aisés pourront toujours s’offrir des cours de rattrapage ou quitter l’école publique, mais qui s’occupera des autres ?  » Ils estiment que « La liberté de protester ne doit pas exclure la liberté d’étudier et de travailler.  » Ainsi, « à contrecoeur », expliquent-ils avoir recours « quand la situation devient dangereuse » aux sanctions voire aux forces de l’ordre si nécessaire. Ils dénoncent « des actions de blocage de plus en plus agressives et dangereuses », tout en soulignant leur caractère illégal.

Le recteur de l’académie d’Aix-Marseille, Bernard Beignier, a d’ailleurs adressé la semaine dernière un courrier en ce sens aux chefs d’établissement, qui a ulcéré les enseignants mobilisés contre les réformes. Dans le courrier en effet, le recteur rappelle aux proviseurs de lycée que les enseignants en grève contre les E3C commettent « une faute professionnelle avec toutes les conséquences disciplinaires qui en découlent. Cela touche spécialement le refus de correction, ainsi que la falsification des notes. » Mais à côté des blocages , un autre problème se pose : celui de la fuite des sujets.

Fuite des sujets sur les réseaux sociaux

Depuis plusieurs jours maintenant, les sujets des E3C circulent sur les réseaux sociaux. En effet, les lycéens partagent via Twitter, Instagram ou encore Snapchat des photos de leurs sujets, afin que d’autres élèves qui n’ont pas encore passé leurs épreuves puissent en profiter.

Sur Instagram, le profil « E3C Sujets » a déjà publié des centaines de sujets en mathématiques, histoire-géographie et langues vivantes.

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Sujet de maths Techno

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Sujet d'allemand

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Le ministère de l’Education nationale explique au Figaro Etudiant qu’il y a « 1700 sujets sur cette plateforme » , donc « très peu de chances que les élèves tombent sur un devoir qu’ils ont vu passer sur les réseaux sociaux ».

« Si par hasard, des élèves avaient la chance de tomber sur un sujet sur lequel ils ont pu s’exercer en ligne, alors tant mieux. Il s’agit d’une épreuve de contrôle continu, les lycéens qui travaillent de manière régulière seront donc récompensés » ajoute le ministère.

De son côté le SNES parle d’une « rupture d’égalité entre candidats ». Les élèves qui passeront les E3C après les vacances scolaires de février par exemple, ont accès à beaucoup de sujets pour s’entraîner.

« Cette banque d’épreuves aurait dû être publique dès le départ, comme le ministère l’avait promis. Tous les candidats auraient pu composer sur un même pied d’égalité. Là, les premiers élèves ont passé les épreuves à l’aveugle alors que les autres ont accès aux sujets » affirme Claire Guéville, secrétaire nationale du SNES.

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