Article publié le 16 janvier 2026 , mis à jour le 16 mars

La nouvelle version du décret sur la fin des groupes de besoin obligatoires au collège, amendée par la Dgesco, avait été soumise au vote du Conseil supérieur de l’éducation le 15 janvier 2026. Elle avait été validée par le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray. Dans un communiqué, le syndicat Snes-FSU se félicitait d’une « victoire confirmée ».
« Ce n’est pas encore l’abrogation définitive attendue »
Dans ce communiqué, le syndicat publiait le décret amendé qui avait été soumis au vote et avait reçu l’accord du ministre. Le décret prévoit qu’« en classes de sixième et de cinquième, en vue notamment de prévenir la difficulté scolaire, un accompagnement pédagogique renforcé est mis en œuvre pour les enseignements de français et de mathématiques, adapté aux besoins des élèves. Il peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées, notamment, pour tout ou partie de l’horaire, à des groupes à effectifs réduits et/ou constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs ». Les premières formulations de ce projet de décret, présentées aux membres du CSE depuis mi-décembre 2025, n’avaient pas remporté l’adhésion des syndicats.
Si « ce n’était pas encore l’abrogation définitive des groupes de niveau que le SNES-FSU revendiquait », le syndicat estimait que la fin du caractère obligatoire de ces groupes était une victoire « très attendue par une profession unie aux côtés des parents d’élèves ».
Les classes de niveau, « dérive idéologique qu’il faut absolument éviter »
Le SE-Unsa avait émis également dans un communiqué des réserves sur le décret validé par Edouard Geffray. Pour lui, « la fin du caractère obligatoire des groupes de besoins au collège constituait une bonne nouvelle a priori, altérée toutefois par la détermination du ministère à inscrire dans la durée un dispositif auquel il était le seul à croire ». En effet, le syndicat ne se satisfaisait pas du maintien, dans le texte, de la mention des groupes de besoin comme exemple d’organisation pédagogique. Pour lui, « en citant comme exemple ce seul dispositif, le ministère orientait le choix des établissements, mais aussi l’utilisation de la marge d’autonomie des collèges, déjà bien rongée par l’absence de moyens. De plus, la possibilité de mise en œuvre des groupes sur tout l’horaire de français ou de mathématiques ouvrait la porte aux classes de niveau, dérive idéologique qu’il fallait absolument éviter ».
Même son de cloche du côté de Catherine Prinz, secrétaire nationale de la CGT Éduc’action, citée par l’AEF. Elle « accueillait favorablement la fin du caractère obligatoire » des groupes de besoin, mais aurait souhaité qu’ils ne soient plus du tout cités dans le décret. Elle rappelait que « les groupes étaient mis en place de manière très variable selon les établissements, et […] que dans certains, cela favorisait le tri et la sélection ».
« Ce qui compte, c’est la progression des élèves »
Le décret est paru au Journal officiel, ce jeudi 12 mars 2026. Le ministère de l’Education nationale confirme que les groupes de besoins seront facultatifs dès la rentrée 2026. Le décret prévoit notamment que «cet accompagnement pédagogique renforcé (…) peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées (…) en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs».
Sur X, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray s’est expliqué. Il justifie sa décision, déclarant qu’il existe des réalités scolaires différentes et qu’il place sa confiance dans les équipes pédagogiques. Il précise que ce qui compte n’est pas « l’uniformité des dispositifs » mais bien la progression des élèves.
Un décret publié cette semaine ouvre aux collèges la possibilité d’adapter l’organisation des groupes de besoin.
— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) March 14, 2026
Soyons clairs : ils ne sont pas supprimés. Là où ils fonctionnent et permettent aux élèves de progresser, ils ont vocation à être maintenus.
Mais parce que les…








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