
Le 9 décembre 2025, le ministre de l’Éducation nationale annonçait qu’il ne réviserait pas la carte de l’Éducation prioritaire. Pourtant, selon un article du Monde, cette révision est attendue depuis 2019. Destinée à corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire, cette carte présente aujourd’hui une limite majeure : aucun établissement ne peut y entrer tant qu’aucun n’en sort.
Lors de son annonce, Edouard Geffray a reconnu qu’il n’aurait pas « l’espace-temps politique » pour mener à bien cette réforme. Il a justifié son inaction expliquant qu’il s’agit, selon lui, d’un «exercice long et délicat» : la révision d’une carte dure entre 12 et 18 mois. Edouard Geffray a évoqué un calendrier politique peu propice à l’action, en référence aux élections municipales de mars 2026 et à l’élection présidentielle de 2027. Le ministre a toutefois admis qu’une actualisation d’ampleur était «objectivement nécessaire».
Une réforme difficile à mettre en place
La carte de l’éducation prioritaire doit initialement se renouveler tous les 4 ans, pourtant elle reste inchangée depuis 2015. De nombreux ministres ont promis de s’y atteler. Ce fut le cas de Pap Ndiaye en 2023, puis de Nicole Belloubet. Lors d’une séance de questions au gouvernement, en mai 2024, à l’Assemblée nationale, l’ex-ministre de l’Éducation nationale annonçait que son gouvernement y travaillait en vue « de la rentrée 2025 ». En mai 2025, un rapport de la Cour des comptes indique qu’il devient urgent de la réformer. Il déplore une baisse continue, depuis 20 ans, du niveau scolaire des élèves issus de milieux plus défavorisés, et ce malgré les moyens engagés et la continuité des politiques menées. Enfin, le 24 septembre 2025, le responsable de l’OZP (Observatoire des zones prioritaires), interrogé par l’AEF, affirme que l’instabilité politique ne permet pas une refonte sincère et raisonnable ».
Les syndicats en colère
Dans un communiqué, le syndicat SNES-FSU a demandé à ce que les gouvernements cessent de repousser la révision de la carte. Le SNES-FSU a également dénoncé le plan présenté par Edouard Geffray, destiné à soutenir les collèges en difficulté. Pour le syndicat, ce plan constituerait « un changement de paradigme » et serait un moyen de contourner le sujet. Mais surtout, il détournerait les moyens alloués à l’éducation prioritaire « ces dotations seraient essentiellement issues de redéploiements de moyens et ne seraient pas fondées sur des critères sociaux ».
Dans un communiqué, Sud Éducation fait aussi part de son mécontentement vis-à-vis du non-renouvellement de la carte de l’Éducation prioritaire « qu’aucun ministre ne veut toucher avant l’élection présidentielle » . Le syndicat dénonce également les différents gouvernements qui ont négligé les établissements hors éducation prioritaire.








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