Travailler sur le vivre-ensemble et faire rire : deux grands mots d’ordre pour cette nouvelle année 2026 chez les enseignants. Image : Getty

Qui dit nouvelle année dit bonnes résolutions ; l’heure de faire les bilans et de se fixer de nouveaux objectifs tant sur le plan professionnel que personnel. Malgré un contexte délicat, les enseignants interrogés gardent la flamme et l’envie d’œuvrer à leur échelle pour un monde meilleur. « Mes bonnes résolutions portent sur l’éthique, les valeurs, la vision du monde. Comme beaucoup de mes collègues (et je crois, beaucoup de monde en général), je suis très inquiet de l’évolution de notre société et des perspectives qui se présentent à nous à moyen terme. D’autant plus durant cette période incertaine, je reste persuadé que l’Éducation a un rôle majeur à jouer », estime Pierre Fungenzi, professeur des écoles dans le Puy-de-Dôme. Pour lui, préparer ses élèves à la société de demain et en faire des acteurs éclairés passe par un travail sur le « vivre ensemble » avec les plus jeunes et le fait d’aborder avec les plus grands des thématiques liées aux enjeux environnementaux, à l’éducation au numérique et aux médias

Transmettre des valeurs positives

Cette année, l’enseignant aimerait de nouveau proposer ce qu’il avait testé il y a quelques années : un « forum » ou « conseil d’élèves », un temps hebdomadaire pour échanger sur la vie de la classe, les moments compliqués… « C’est un moment pour apprendre à s’écouter mutuellement, une chose qui n’est pas toujours naturelle chez tous (adultes compris !). Indirectement, c’est un peu l’empathie de chacun que l’on peut développer, d’autant plus si cela se fait en abordant des sujets apportés par les enfants eux-mêmes, qui souvent leur tiennent à cœur », explique Pierre Fungenzi.

Du côté de Stéphane Grulet, lui aussi professeur des écoles, maître-formateur, le mot d’ordre de cette année est de continuer à rire et faire rire le plus possible « parce que l’union fait la farce. L’humour est fédérateur, et un moyen « sérieux » pour lutter. Dans cette période anxiogène, je ne me laisse pas abattre, et je continue à croire que tous ensemble, on arrivera à bâtir un monde meilleur », glisse l’enseignant.

Des rires et des jeux pour mieux apprendre

Stéphane Grulet compte bien se concentrer sur ses élèves et leur donner envie de venir en cours avec le sourire pour apprendre le mieux possible. « Même chose pour mes stagiaires en classe : continuer à être le plus pragmatique et le plus accueillant possible. Le reste : les réformes, les modes, les tendances, je préfère en rire », assure-t-il.

Un climat bienveillant et détendu favorise l’apprentissage, c’est aussi le cas quand le côté ludique s’invite en classe. Nathalie Braun, professeure de mathématiques en lycée à Thionville, l’a bien compris. Elle souhaite accorder plus de place aux jeux en classe avec ses élèves. « C’est une approche dynamique, moins courante au lycée qu’en collège, mais qui fonctionne très bien. Il y a des choses qui existent déjà mais pas tant que ça. J’en ai donc créé pour ma classe et je voudrais en réaliser davantage pour aborder le plus de notions possibles », confie-t-elle.

Valoriser sa matière

Le travail des enseignants ne se limite pas au temps passé face aux élèves. Bon nombre œuvrent également pour valoriser leur discipline. Nathalie Braun souhaite ainsi développer son réseau d’intervenants pour ses divers projets de culture par les mathématiques : lecture de mathématiques en partenariat avec l’association Les Maths en Scène de Toulouse dans le cadre de la nuit de la lecture, une journée banalisée pour un festival des maths avec des interventions de mathématiciens et chercheurs, une nuit des étoiles…Une manière de donner le goût des mathématiques aux jeunes, notamment aux filles. Un combat que mène aussi Mélanie Guenais, fondatrice du collectif Maths & Sciences et maîtresse de conférences à l’université Paris-Saclay. « Le marasme dans lequel se trouvent l’éducation nationale et l’enseignement supérieur laisse peu de place aux résolutions, et aux raisons d’espérer des améliorations. Pour ma part, je me concentre sur la poursuite de mon travail sur l’évolution de la place des sciences dans les parcours des jeunes, avec l’objectif d’une diffusion la plus large possible dans l’espace public sur l’état des lieux et ses impacts pour la société », indique-t-elle. Sensibilisation aux biais de genre, ateliers d’information sur les causes des discriminations des femmes dans les parcours masculins et autres initiatives seront plus que jamais au programme cette année pour elle.

Faire vivre ses projets

Cette nouvelle année est propice aussi pour certains à se fixer des challenges pour améliorer leurs pratiques. Ainsi, Emmeline Niepceron, professeure d’anglais en collège et en IUT en Île-de-France, pense participer à plusieurs formations. « Je commence aussi à me préparer doucement mais avec régularité aux épreuves sans programme du concours de l’agrégation, en vue de le passer dans un an », déclare-t-elle. « Je vais aussi chercher un « side job » mieux rémunéré dans l’enseignement supérieur ».

Pour Régis Galek, professeur agrégé d’EPS dans un collège en Moselle et fondateur du blog EPS Régal, 2026 sera l’occasion de diffuser largement son récent ouvrage « Pour un tennis de table scolaire ». « Mon livre a pour ambition de rendre l’enseignement du tennis de table accessible et concret, de l’école primaire au lycée, grâce à une démarche clé en main, ludique et ciblée », résume l’enseignant. En parallèle, il aimerait développer la communauté autour de sa newsletter EPS Régal et être plus présent sur les réseaux sociaux afin de partager avec les professeurs des écoles, les enseignants d’EPS et les étudiants STAPS, des ressources concrètes pour enseigner sa discipline avec plaisir et efficacité.

Préserver son bien-être


Le professeur d’EPS n’en oublie pas sa condition physique. Il souhaite reprendre une routine matinale simple et durable (5 minutes de méditation et de renforcement musculaire dès le réveil), tout en poursuivant ses deux entraînements hebdomadaires en tennis de table et un footing par semaine. « Je veux accorder plus d’attention à mon hygiène de vie, notamment en mangeant davantage de protéines et de légumes à chaque repas, et surtout préserver du temps de qualité avec mes proches pendant les week-ends et les vacances scolaires », affirme-t-il. Cet équilibre vie professionnelle-vie personnelle est cher et pas toujours facile à préserver. « Je souhaite garder voire améliorer mon équilibre de vie sans trop me mettre la pression (plan familial, amoureux, amical, professionnel…) et me ménager un minimum de temps pour moi chaque semaine pour décompresser », ajoute Emmeline Niepceron. Pour certains, ces derniers mois ont été particulièrement chargés et éreintants. Ils aspirent à alléger leur rythme. « J’ai soutenu ma thèse en novembre après y avoir consacré trois ans en parallèle des cours que je donnais. Je vais un peu me calmer et passer plus de temps en famille, lire des BD, prendre de vraies vacances », lance Nathalie Braun.
Entre dévouement pour leurs élèves et projets personnels, l’objectif en 2026 sera de garder le cap en veillant à leur bien-être.