Les sénateurs ont rejeté la proposition de loi socialiste visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH. Image : Getty

Article publié le 8 janvier 2026, mis à jour le 9 janvier et le 30 janvier

Alors que les organisations syndicales ne cessent de se mobiliser pour réclamer un statut de fonctionnaire pour les Accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), le Sénat rejetait, mercredi 7 janvier, une proposition de loi visant à la création d’un corps de catégorie B pour ces personnels.

« Le résultat serait objectivement intenable »

Portée par la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, cette proposition de loi prévoyait de « fonctionnariser » automatiquement les AESH avec plus de 3 ans d’ancienneté, et au moyen d’un concours pour les autres. Ce statut permettrait, entre autres, d’améliorer leur formation et leur rémunération. En effet, « aujourd’hui, les AESH restent dans une précarité inacceptable : un salaire moyen d’environ 850 euros, très majoritairement à temps partiel, des conditions de travail qui se dégradent et une formation largement insuffisante », estimait Marie-Pierre Monier dans la Dépêche.

D’après Ouest-France, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, s’était également opposé au texte, estimant que « le résultat serait objectivement intenable par rapport au reste de la fonction publique ». Cependant, selon l’AEF, il « n’excluait pas la fonctionnarisation à terme d’une partie des AESH », et s’était dit « très ouvert à engager la réflexion sur la possibilité d’intégrer un corps sur concours », après « une étude d’impact qui définisse les modalités et sur quelle part d’entre eux » porterait le dispositif.

Le coût, estimé à 4,3 milliards d’euros, de la proposition de loi avait également été évoqué par certains sénateurs pour justifier leur opposition. Cependant, Marie-Pierre Monier soulignait que « le système actuel en coûte déjà près de 3 milliards et fonctionne mal. Des enfants n’ont pas toutes leurs heures d’accompagnement, des familles sont en grande difficulté et les AESH sont épuisés ».

50 000 élèves sans AESH à la rentrée 2025

Colombe Brossel, sénatrice socialiste, a déploré ce « statut quo », craignant d’avoir « à nouveau à la rentrée prochaine des dizaines de milliers d’enfants sans AESH, il y aura de nouveau des démissions parce que ces AESH préféreront faire autre chose ». Ce que confirmait Ludivine Leroy, AESH, sur France Bleu : « J’avoue franchement que si une opportunité meilleure se présentait, je pense que je sauterais le pas. Je partirais alors que j’adore vraiment mon métier et j’adore ce que je fais. Mais ça ne fait pas tout malheureusement, le salaire est vraiment très bas. Les conditions sont vraiment pitoyables aujourd’hui pour les AESH. C’est vraiment très frustrant de se dire qu’on voudrait tellement faire plus pour ces enfants. Et on ne peut pas, on n’a pas les moyens pour le faire. »

A la rentrée 2025, près de 50 000 élèves en situation de handicap n’avaient pas d’accompagnants, un chiffre descendu à 42 000 en octobre, selon Edouard Geffray.

Ouverture de négociations

Dans un communiqué publié ce jeudi 29 janvier, la FSU indique que la forte mobilisation intersyndicale, des « journées d’action répétées », « une pétition massive ayant franchi les 100 000 signatures » pour obtenir un statut de fonctionnaire de catégorie B ont porté leurs fruits. En effet précise le communiqué, « l’intersyndicale enseignante a finalement obtenu une audience le 27 janvier 2026 auprès des ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture » et « les deux ministères se sont déclarés ouverts à l’étude d’un véritable statut pour les AESH ». Un premier comité de pilotage à ce propos devrait se réunir le 3 février prochain.