allemand
© Maren Winter – Fotolia

Léa, 26 ans, nous avait raconté sa préparation d’agrégation en plein confinement, et le report des épreuves du concours externe en juin/juillet. Admise à l’agrégation, elle nous livre ses premières impressions de professeure stagiaire.

Combien de classes et d’élèves avez-vous en charge cette année ?

Je suis professeure agrégée stagiaire et j’enseigne en lycée dans l’Est de la France. J’ai 4 classes composées de 22 à 27 élèves et les trois niveaux du lycée.

Comment est appliqué le protocole sanitaire dans votre établissement ?


Il y a un sens de circulation à respecter et le masque est obligatoire, mais il n’y a pas de gel hydroalcoolique dans les salles de classe ni en salle des professeurs. Des masques nous ont été distribués lors de la pré-rentrée. Je propose personnellement mon propre gel désinfectant aux élèves avant et après leur passage au tableau pour corriger des exercices.

Enseigner l’allemand avec un masque, est-ce compliqué ?

Il est effectivement compliqué de faire cours d’allemand avec le masque. J’ai l’impression de devoir parler plus fort et je rencontre certaines difficultés à comprendre ce que les élèves me disent en allemand. Je n’entends pas toujours les terminaisons des verbes et les marques de déclinaison. Je dois souvent les faire répéter, la situation est pénible autant pour eux que pour moi.

Vos élèves ont-ils pu aller au bout des programmes 2019-2020 ou allez-vous devoir reprendre des bases ?


Je dois reprendre des bases pour toutes les classes. Par ailleurs, la totalité de mes élèves n’a pas eu cours d’allemand en présentiel depuis début mars. Cependant, j’ai déjà commencé les programmes officiels car nous n’avons pas beaucoup de temps, notamment au cycle terminal où le programme est lourd et le nombre d’heures réduites.

Pour vous, en cette rentrée si particulière, quels sont les éléments les plus générateurs de stress ?

Le respect du protocole sanitaire rend ma première rentrée assez difficile. Je dois veiller à ce que les élèves gardent leurs masques. La semaine dernière, un élève l’a complètement enlevé et posé sur la table. À chaque cours, un élève descend son masque et je suis donc obligée de lui demander de le remonter afin que son nez soit couvert. Lorsque je fais venir des élèves au tableau, je dois toujours veiller à ce que les feutres soient désinfectés. Quant au travail en groupe, essentiel en langues pour une pratique actionnelle, il est très difficile de l’organiser dans le respect d’un protocole sanitaire flou sur ce sujet, j’ai donc pris le parti de constituer des groupes de travail sans déplacements de tables et de chaises : les élèves retournent leur chaise pour s’installer à la table des camarades de derrière.