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En raison de la crise sanitaire, de nombreux candidats aux concours de l’enseignement avaient vu leurs écrits décalés à une date post-confinement, et leurs oraux supprimés. Le 15 avril dernier, le ministère de l’Education nationale publiait un communiqué de presse : il y était question, pour les lauréats privés de cette épreuve, de mettre en place un oral de titularisation à la fin de l’année de stage (au printemps 2021).

Cette décision concerne les lauréats des concours externes comme ceux des concours internes. Alors même que les fonctionnaires stagiaires ont obtenu leur concours, ils auront donc à passer cet « entretien », dont la teneur a été définie plus précisément dans un arrêté du ministère datant du 28 août.

En réaction, plusieurs organisations syndicales viennent de publier un communiqué pour réitérer leur opposition à cette nouvelle épreuve.

Un oral devant commission

L’arrêté du gouvernement prévoit un « entretien » de 30 minutes. Le stagiaire devra s’exprimer devant une commission de deux personnes : « un membre du corps d’inspection » de la discipline et de l’académie concernée, et « un membre du corps auquel appartient le stagiaire » (pour les stagiaires du second degré ou CPE, un membre de la direction). Seule cette deuxième personne connaîtra donc le stagiaire au moment de l’oral.

Pendant les 10 premières minutes, le futur titulaire devra présenter une « situation professionnelle » qu’il a rencontrée durant son stage. « Le stagiaire décrit et analyse la situation et les choix qu’il a été amené à faire« . Cette présentation sera suivie d’un échange de 20 minutes avec la commission.

A l’issue de l’année 2020-2021, un jury de titularisation sera chargé d’harmoniser l’avis de cette commission et ceux des tuteurs et inspecteurs du stagiaire.

« L’oral de trop »

L’intersyndicale, dans son communiqué de presse du 11 septembre 2020, dénonce un oral « qui alourdit encore l’année des stagiaires sans apporter de plus-value ni en termes de formation, ni en termes de recrutement« . Les organisations signataires estiment en effet que les pré-requis devant être validés au cours de cet entretien, sont en réalité déjà évalués (lors des oraux de stage et des visites notamment).

L’année de M2 étant déjà chargée, le communiqué accuse le ministère d’imposer « son » oral aux lauréats des concours. En stage pendant toute l’année, les futurs enseignants ont également des cours dans les INSPE et doivent rédiger leur mémoire de fin d’études. Le communiqué rappelle que cette année de stage est déjà « particulièrement difficile pour toutes et tous et en particulier pour les débutant·es ».

Ce qui pose problème selon l’intersyndicale : « tout« , « des objectifs affichés à la composition du jury, en passant par le statut de cet “entretien”». La charge de travail supplémentaire demandée aux « personnels d’encadrement et aux formateurs » est également évoquée.

Déjà en avril, des questions et des doutes émergeaient sur Twitter devant l’annonce d’un oral de titularisation :