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Journée de la voix : 3,8 % des enseignants songent à changer de travail à cause de troubles vocaux

Le 11 décembre dernier se déroulait à la MGEN de Paris une journée pour aider les enseignants à prendre soin de leur outil de travail principal : la voix. Retour sur l’événement avec Corinne Loie, orthophoniste.

Journée de la voix : 3,8 % des enseignants songent à changer de travail à cause de troubles vocaux

Pourquoi avoir organisé une journée autour des troubles de la voix, et l’avoir destinée plus particulièrement aux enseignants ?

J’ai démarré les Journées de la voix à la MGEN en 2009, en écho à la Journée mondiale de la voix qui se tient au Brésil depuis 1999. Il faut savoir que plus de 50 % des enseignants travaillent dans un inconfort vocal récurrent. 13 % d’entre eux sont même dans l’impossibilité d’exercer leur métier parce qu’ils n’ont plus de voix, et autour de 16 à 20 % des arrêts de travail chaque année sont liés à des pathologies vocales.

La population enseignante a en outre trois fois plus de risques d’être touchée par des troubles vocaux que les autres professionnels de la voix. Ils sont également plus nombreux à penser à changer de travail à cause de ces problèmes : 3,8% y songent. Il y a donc une réelle urgence à les aider à gérer ces troubles.

Jean Abitbol – ©Hervé Thouroude

Pouvez-vous revenir sur quelques interventions de la Journée du 11 décembre ?

Jean Abitbol, le phoniatre des stars, a d’abord présenté l’histoire de la voix, son fonctionnement, d’une manière très générale mais très poétique, très métaphorique, avec des diversions dans tous les univers possibles et imaginables, y compris métaphysiques. Angélique Remacle, orthophoniste qui travaille beaucoup sur le risque vocal professionnel des enseignants, est venue parler de la classe virtuelle qu’elle a créée pour évaluer les risques qu’encourt un enseignant, selon l’utilisation qu’il fait de sa voix. Cette classe virtuelle est très réaliste et permettra donc d’avoir un véritable aperçu des pratiques vocales d’un professeur.

Benoît Tremblay, inhalothérapeute, est venu présenter son métier très peu connu en France. Il se consacre uniquement au travail du souffle, dans un but de protection de la voix, mais également en soins palliatifs auprès des grands malades dans le cadre hospitalier.

La journée s’est terminée par une table ronde sur les ressources pour entretenir sa voix. Nous avions entre autres parmi les participants le ténor Cyrille Dubois, et les orthophonistes Mathilde Descamps et Julie Bouteiller, qui utilisent l’hypnose pour la première, et le yoga pour la seconde, afin de soigner leurs patients atteints de troubles de la voix.

Cyrille Dubois – ©Hervé Thouroude

Pouvez-vous extraire quelques points-clés de ces interventions ?

J’ai personnellement trouvé très pertinente la classe virtuelle créée par Angélique Remacle. Il faut être conscient que les hôpitaux et la médecine traditionnelle en général fonctionnent mal aujourd’hui. Il y a des déserts médicaux, une pénurie de médecins de ville et de médecins du travail, des hôpitaux qui sont en grande difficulté. Il va donc falloir, dans les années à venir, s’emparer des solutions numériques et les rendre plus performantes, pour pallier ces manques.

L’inhalothérapie de Benoît Tremblay mérite également que l’on s’y intéresse davantage, car il existe un grand manque de maîtrise du sujet du souffle en France. Et ceci même chez les professeurs de chant et les orthophonistes !

En tant qu’orthophoniste, pouvez-vous donner quelques conseils aux enseignants pour prendre soin de leur voix ?

application coach vocalPour supporter la charge vocale, il faut suivre quelques règles simples d’hygiène de vie. Tout d’abord bien dormir (et l’on sait que certains enseignants travaillent tard le soir !), consacrer du temps au silence, c’est-à-dire se taire et « débrancher ». Bien s’hydrater, y compris pendant les cours, avec de l’eau ou des infusions de thym.

Il est également important de connaître son outil vocal et ses limites, en prenant quelques séances avec un prof de chant ou un orthophoniste en début de carrière.

Les enseignants doivent également être capables de dresser un constat : quelles situations pédagogiques les épuisent le plus vocalement ? L’environnement sonore est important et doit être pris en compte : le bruit que font les élèves en fonction de ce que l’enseignant demande, la résonnance de la salle de classe… ils pourront ensuite imaginer des solutions simples. Si la classe résonne trop par exemple, ils pourront y mettre des tapis, ou si les enfants font du bruit avec leur chaise, ils pourront piquer des balles de tennis aux pieds de celles-ci.

La MGEN a conçu deux outils pour aider les professeurs à prévenir les risques professionnels liés à la voix : un parcours de formation disponible sur M@gistère, et l’application Vocal’Iz, à télécharger sur leur smartphone ou tablette.

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