
Comme chaque année, à la rentrée, il y a les habitués et les petits nouveaux. Pour ceux qui débutent dans l’enseignement, c’est une étape importante. Il faut prendre ses marques, préparer ses cours, trouver sa place dans une équipe et, surtout, assumer pour la première fois la responsabilité d’élèves ou d’étudiants.
De vraies responsabilités
Yann, enseignant stagiaire certifié en Sciences économiques et sociales dans l’académie de Nantes, a effectué l’an dernier une rentrée en stage en responsabilité dans le cadre de son master MEEF. Mais cette fois, il sera seul face à ses classes, sans tuteur. « Cette rentrée sera et restera ma première en tant qu’enseignant entièrement responsable de ses classes. Le niveau de responsabilité monte d’un cran », souligne-t-il.
À l’approche du jour J, le jeune enseignant se disait à la fois « motivé, investi et soucieux ». Il sait pourquoi il a choisi ce métier : transmettre, faire réussir les élèves et les accompagner dans leur parcours. Mais quelques inconnues demeurent, comme le niveau d’exigence envers les élèves, les méthodes à privilégier ou encore la relation avec les parents.
Une rentrée synonyme de reconversion
Pour Kiara, professeure des écoles stagiaire dans l’académie de Nice, cette rentrée a un parfum de renouveau. En reconversion professionnelle après quelques années dans le marketing, elle n’est pas issue d’un master MEEF. Elle a découvert le métier grâce à des stages et préparé le concours. Pour elle, l’apprentissage commence. « C’est donc beaucoup d’excitation, mêlée à quelques interrogations. C’est une première pour moi et, forcément, l’inconnu peut être impressionnant », reconnaît-elle.
Cette rentrée elle va la vivre, pour la première fois, de l’autre côté. Une situation qui l’amène à mieux réaliser le travail des enseignants en coulisses. « Il y a surtout une responsabilité que je n’avais jamais connue lors de mes précédentes rentrées : celle d’avoir une classe et des élèves que l’on veut faire progresser, accompagner et voir grandir tout au long de l’année », explique-t-elle.
Se familiariser avant le jour J
Avant la rentrée, les deux jeunes enseignants ont pris contact avec leur futur établissement, histoire de mieux connaître les lieux et leurs collègues.
Après avoir reçu son affectation à la mi-juillet, Yann a rencontré son chef d’établissement qui lui a présenté les lieux, les classes qui lui seraient confiées et l’organisation de la pré-rentrée. Une démarche qu’il conseille aux nouveaux enseignants, si possible, afin de commencer l’année avec quelques repères.
De son côté, Kiara, qui sera professeur stagiaire et donc en temps partagé, a rencontré son binôme, la directrice, plusieurs membres de l’équipe éducative ainsi que l’ATSEM. « Tout le monde s’est montré très disponible », raconte-t-elle. Les deux néo-enseignantes sont ensuite revenues à plusieurs reprises préparer leur classe, installer les affichages et organiser les espaces. De quoi aider Kiara à s’approprier les lieux et la rassurer.
Dans l’enseignement supérieur aussi, les premiers contacts comptent. Yuhao Zhuang commence cette année comme maître de conférences en Stratégie à TSM, une école publique de management à Toulouse. Après avoir grandi à Shanghai et réalisé son doctorat à Chicago, il a travaillé dans la recherche à Paris puis à Lyon avant de choisir de rester en France. L’enseignement lui permet de partager avec les étudiants son intérêt pour les relations entre business et politique dans différents pays. Lui aussi se dit très excité, et un peu nerveux, à l’approche de cette première rentrée. « La nervosité s’estompe à chaque interaction avec de nouveaux collègues et étudiants, en particulier face à face. Mon français n’est pas le meilleur pour toutes les petites conversations à la machine à café, mais j’y travaille, et on arrive à rire malgré tout », confie-t-il.
Préparer les cours… et sa façon de travailler
En prévision du jour J, Yann a travaillé sur ses séquences, ses activités, ses évaluations et ses corpus documentaires. Il s’est fixé comme objectif de préparer ses cours jusqu’à la fin décembre, afin de limiter ensuite la charge de travail hors temps de classe, l’une de ses principales appréhensions. Il redoute également la gestion du climat de classe sur la durée. « Il faut, selon moi, savoir rester souple sans pour autant devenir trop laxiste », indique-t-il.
Kiara doit également absorber une grande quantité de préparation en peu de temps. Mais elle pourra compter sur une semaine de formation à l’INSPÉ avant la rentrée, puis sur son équipe et son binôme. « Lorsque l’on réussit le concours, on possède évidemment des connaissances, mais une grande partie du métier s’apprend ensuite sur le terrain », rappelle-t-elle.
À TSM, Yuhao se penche sur ses formats de cours et intègre les événements récents aux enseignements.
L’appréhension comme moteur
En toile de fond de cette première rentrée, il y a aussi des inquiétudes qui traduisent la volonté de bien faire. Kiara appréhende surtout l’organisation et la relation avec les parents. Elle espère construire avec les familles « une relation de confiance, de dialogue et de proximité », tout en conservant le cadre professionnel nécessaire. « Parents comme professeurs des écoles, nous poursuivons le même objectif : accompagner l’enfant, le faire progresser et lui permettre de s’épanouir », affirme-t-elle.
Yuhao, lui, identifie un autre risque : la complaisance, chez l’enseignant comme chez les étudiants. Dans un contexte marqué par l’incertitude politique et l’intelligence artificielle, il souhaite encourager l’esprit critique. « Les étudiants qui continuent à questionner leur propre raisonnement, mais aussi celui de la machine, sauront bien utiliser ces outils », estime-t-il. Ce sera l’une de ses mission cette année.
Pour Kiara, l’excitation prévaut, ainsi que la joie de rencontrer ses élèves. Yann voit cette rentrée comme une première expérience sur laquelle il pourra s’appuyer. Quant à Yuhao, il veut faire de cette nouvelle année un laboratoire, pour ses étudiants et lui-même. Pour tous, cette première rentrée en tant qu’enseignant signe le début d’une nouvelle aventure.








Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire – VousNousIls.fr 1 bis rue Jean Wiener – Champs-sur-Marne 77447 Marne-la-Vallée Cedex 2.