
À la rentrée 2025, 1,1 million d’écoliers étaient scolarisés en REP ou REP+, soit un élève du public sur cinq, répartis dans 6 558 écoles. Dans le second degré, 568 300 collégiens suivaient des cours dans 1 097 collèges de l’éducation prioritaire. Là aussi cela représente un jeune sur cinq dans le public.
L’un des objectifs du réseau d’éducation prioritaire est de réduire l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire. Sept collégiens des REP+ sur dix sont issus de milieu social défavorisé (chiffres RERS 2025, DEPP), contre trois sur dix hors éducation prioritaire. Côté apprentissage, 52,9 % étaient parmi les moins performants aux évaluations nationales en français en sixième (42 % en REP, 26 % hors EP) et 60,3 % en mathématiques (49,3 % en REP et 31 % hors EP).
Un cadre pédagogique adapté aux besoins des élèves
Les écoles et collèges de l’éducation prioritaire s’appuient sur un référentiel spécifique qui fixe six priorités : la maîtrise des savoirs fondamentaux, une école bienveillante et exigeante, la coopération avec les parents et les partenaires, le travail collectif, l’accompagnement et la formation des personnels, et le pilotage des réseaux.
Les enseignants doivent, par exemple, davantage expliciter les démarches, les objectifs et les compétences attendues, afin que les élèves comprennent ce qu’ils apprennent et pourquoi.
« Il faut également accompagner davantage le travail personnel de l’élève. En raison de leurs conditions sociales, certains n’ont pas d’étayage à la maison. Nous avons fait le choix avec les équipes et en fonction des moyens horaires alloués, de mettre en place du soutien en français, en mathématiques avec des élèves repérés un peu plus en difficulté », souligne Sandrine Arma-Géromégnace, principale du collège REP Paul Vaillant Couturier à Argenteuil.
REP, REP+, la force du réseau
La concertation avec le premier degré est un autre enjeu important. Le collège et les écoles du secteur travaillent ensemble dans le cadre du cycle 3, qui va du CM1 à la sixième, pour assurer la continuité pédagogique. Les équipes se réunissent plusieurs fois dans l’année lors des conseils école-collège, du conseil de cycle 3 ou bien sur des projets pédago-éducatifs. Dans l’établissement de Sandrine Arma-Géromégnace, des collégiens ont par exemple participé à des projets de lecture avec des élèves du primaire ou travaillé en anglais avec des élèves de CM2. « Nos élèves de 5e ou 6e se rendent dans les écoles élémentaires pour lire aux plus petits. Nos élèves de 4e et ceux de CM2 ont quant à eux rédigé un conte en anglais par exemple. En réseau d’éducation prioritaire, cela porte bien son nom, le travail avec les écoles de rattachement est fortement induit et nécessaire », cite la principale.
Le réseau peut s’appuyer sur les collectivités, les associations, les acteurs de la cité éducative ou encore le département pour construire des actions interdegrés, intercycles ou inter-établissements.
Des relations renforcées avec les familles
Autre priorité de l’éducation prioritaire : associer davantage les parents à la scolarité de leurs enfants. Il s’agit de leur donner les moyens de suivre concrètement le parcours de leur enfant et de les accompagner dans leur rôle. Concrètement, cela peut passer par leur présenter l’établissement lors de la rentrée, leur indiquer les gestes et outils clés, comment installer Pronote et suivre les devoirs. Certains établissements, comme le collège Paul Vaillant Couturier à Argenteuil, proposent des ateliers et cafés des parents. La remise des bulletins est un moment privilégié d’échanges qui sert également à expliquer matière par matière les points faibles, les points forts, les axes à développer, à améliorer…
« Il y a aussi toute la coopération avec les représentants élus de parents dans leur rôle de partenaires et de membres à part entière de la communauté éducative pour qu’ils puissent prendre part aux décisions importantes, à la vie de l’établissement, etc. », ajoute la cheffe d’établissement.
REP et REP+ : des conditions de travail différentes pour les personnels
L’une des mesures les plus visibles dans l’éducation prioritaire concerne les effectifs. Depuis 2017, les classes de CP et CE1 ont été progressivement dédoublées en REP+ puis en REP. Le dispositif a ensuite été étendu à la grande section. Les classes dédoublées accueillent autour de 12 élèves.
Si REP et REP+ partagent les mêmes grandes orientations pédagogiques, les moyens accordés aux personnels ne sont pas identiques.
En REP, les enseignants conservent leurs obligations de service habituelles. Des formations ou des temps de travail collectif peuvent néanmoins être organisés dans le cadre des dispositifs de l’établissement ou de la formation continue. Sandrine Arma-Géromégnace en donne un exemple avec son collège, qui a été intégré au dispositif « Collège en progrès ». Ce dernier permet d’avoir des temps banalisés pour pouvoir se concerter, travailler en équipe sur l’amélioration des résultats scolaires, être accompagnés par des inspecteurs et des formateurs et de proposer des formations au sein de l’établissement. « Nous avons centré cet accompagnement sur la partie pédagogique, didactique, apprentissage mais d’autres collèges ont développé l’accès à la vie scolaire, le climat scolaire », détaille la principale.
En REP+, l’organisation du temps de travail est aménagée. Dans le premier degré, les enseignants bénéficient de 18 demi-journées remplacées par an afin de consacrer du temps au travail collectif, au suivi des élèves, à la formation ou aux relations avec les familles. Dans les collèges, les heures d’enseignement sont affectées d’une pondération de 1,1, ce qui permet également de dégager du temps pour ces activités. Les REP+ disposent en outre de formateurs académiques de l’éducation prioritaire chargés d’accompagner les équipes.
Des primes plus importantes en REP+
Les personnels exerçant en éducation prioritaire bénéficient également d’une indemnité spécifique. Son montant annuel brut est actuellement de 1 734 euros en REP. En REP+, elle comprend une part fixe de 5 114 euros, à laquelle peut s’ajouter une part modulable allant jusqu’à 702 euros. Le dispositif concerne différentes catégories de personnels, notamment les enseignants, CPE, personnels de direction, personnels administratifs, sociaux et de santé et psychologues de l’Éducation nationale.
REP+ : un degré supplémentaire dans l’éducation prioritaire
La différence entre REP et REP+ tient principalement au degré de concentration des difficultés et aux moyens supplémentaires accordés aux réseaux REP+. Les équipes sont amenées à expérimenter, à évaluer et à ajuster régulièrement leurs pratiques. « Cela crée une dynamique assez intéressante parce qu’on est tous confrontés à la même difficulté », résume Sandrine Arma-Géromégnace. Outre les difficultés sociales et de réussite scolaire, ces établissements sont parfois associés aussi à des conditions d’exercices plus difficiles. « Ces établissements sont souvent liés à des quartiers prioritaires de la politique de la ville ou des zones de prévention violences. Mais, même si le contexte autour peut être compliqué et que nos équipes sont en majorité constituées de jeunes collègues, cela se passe relativement bien dans l’établissement quand il y a des équipes éducatives très impliquées et soucieuses de faire progresser les élèves », explique la principale.
Entre autres, ce sont cette solidarité face aux épreuves, cette volonté de tester des nouvelles pratiques et d’améliorer les existantes qui favoriseront, malgré un contexte difficile, la réussite scolaire.








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