
Pouvez-vous rappeler ce qu’est l’AFAE ?
L’AFAE, c’est l’Association française des acteurs de l’éducation. Elle réunit des personnels de direction, des personnels d’inspection, des enseignants, des universitaires, afin d’échanger librement sur les évolutions et les questions liées au système éducatif, en toute indépendance.
Vous organisez plusieurs rendez-vous dans l’année ?
Oui. Le temps fort, c’est le colloque annuel, qui s’est tenu les 27, 28 et 29 mars. Ensuite, dans chaque académie, des responsables organisent des rencontres sur différentes thématiques, souvent en s’appuyant sur les intervenants du colloque. Cela permet de diffuser les réflexions plus largement sur le terrain.
Le thème du colloque national cette année était « Quel projet politique pour l’école de demain ? ». Pourquoi ce choix ?
Ce thème part d’un constat simple : l’école a connu des évolutions positives, mais elle fait aussi face à des insuffisances importantes. Il nous semble donc indispensable de penser son évolution. Et à l’approche de l’échéance présidentielle, l’école doit redevenir un sujet majeur du débat public.
Quels constats ont émergé ?
Il faut d’abord rappeler des éléments positifs. En trente ans, la scolarisation s’est fortement développée, avec la massification. Le niveau de bacheliers a progressé et le décrochage scolaire a reculé. Autre point important : le partenariat entre les collectivités et l’Éducation nationale s’est renforcé, tout comme la volonté de rapprocher l’institution du terrain. Enfin, l’évaluation s’est développée, qu’il s’agisse de celle des élèves, du système ou bien encore des personnels.
Mais il y a aussi des fragilités très fortes. Nous constatons des résultats qui ne sont pas à la hauteur des attentes, notamment au regard des évaluations internationales, une mixité sociale qui progresse trop peu et une baisse préoccupante de l’attractivité des métiers de l’éducation, en particulier celui d’enseignant.
Le colloque a aussi travaillé sur les défis à venir en tenant compte du contexte actuel et futur…
Oui, ce contexte est marqué par trois grands chocs. Le premier est démographique. D’ici dix ans, nous estimons une baisse de 19 % du nombre d’élèves. Le deuxième concerne les personnels. D’ici 2030, près de 330 000 enseignants, soit environ un tiers des effectifs, partiront à la retraite.
Il y a également le choc du numérique et de l’intelligence artificielle. En deux ans, les usages ont profondément changé. La question est désormais très concrète : qu’est-ce qu’enseigner et évaluer à l’ère de Mistral, de ChatGPT et de l’IA générative ?
Quelles pistes concrètes ont émergé de ce colloque ?
Le colloque a réuni plus de 200 participants. Nous avions cinq conférences, deux tables rondes, l’une avec des usagers de l’école (élèves et parents), l’autre avec des acteurs de l’école. Il y avait également huit ateliers qui ont permis de formuler 32 propositions, que nous allons maintenant retravailler. Ces propositions portent sur les élèves, les enseignements, les acteurs et la gouvernance. L’une d’elles, par exemple, vise à faire réaliser l’essentiel du travail scolaire dans l’établissement afin de réduire les inégalités entre les élèves aidés à la maison et ceux qui ne le sont pas. Autre piste : actualiser le socle commun de connaissances et de compétences à l’aune de l’intelligence artificielle et des transformations du monde du travail.
Nous avons aussi des propositions concernant l’effort à apporter au niveau de la formation des enseignants et de l’attractivité des métiers.
L’objectif est que ces propositions nourrissent le débat politique ?
Absolument. Nous allons nous appuyer sur cette trentaine de propositions pour les retravailler et porter trois ou quatre idées phares. Nous voulons les faire connaître et espérons qu’elles seront reprises dans la perspective de 2027.
La communauté éducative a souvent l’impression que les politiciens n’entendent pas leurs demandes. Comment faire entendre ces pistes auprès des élus ?
Lors des deux dernières campagnes, c’est vrai qu’elle a été un peu absente, et c’est dommage, parce que l’éducation, c’est tout de même l’avenir de la jeunesse et celui du pays. Ce que l’on peut espérer, c’est que l’éducation ne soit pas absente du débat.
Et puis, nous ne sommes pas les seuls à réfléchir dans le contexte de l’élection qui vient. L’Académie des sciences travaille également sur un projet intitulé « L’école dont nous rêvons », avec des propositions pour 2027.
Quels sont les prochains projets de l’AFAE ?
À court terme, nous allons poursuivre le travail sur ce projet pour l’école de demain. Le prochain conseil d’administration, le 7 mai, préparera déjà le thème du 48e colloque, qui se tiendra à Arras l’an prochain. Et nous poursuivons bien sûr la publication de notre revue « Administration et éducation », dont le dernier numéro consacré à l’école rencontre un très bel accueil.




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