Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Depuis ce mardi 22 septembre, les enseignants font face à un nouveau protocole sanitaire. Désormais, lorsqu’un élève est testé positif au Covid-19, ses camarades ne sont plus considérés comme cas contacts. Une classe ne fermera que lorsque trois élèves seront testés positifs en même temps au coronavirus, et non dès le premier cas. Cette nouvelle règle ne concerne que les écoles maternelles et élémentaires. Autre nouveauté : un enseignant du 1er degré portant un masque « n’est plus considéré comme un « cas contact » et n’est pas invité à s’isoler, s’il a côtoyé un élève non masqué positif à la Covid-19. » Ce nouveau protocole a ainsi pour objectif de fermer moins de classes. Mais pour certains enseignants du 1er degré, ces nouvelles règles ne font pas l’unanimité :  

https://twitter.com/dl_caroline/status/1308438292321492999

Au collège et au lycée, où les élèves doivent obligatoirement porter un masque, la situation est tout aussi dramatique pour les enseignants. Ils dénoncent, entre autres, le manque de moyens pour faire respecter au mieux les consignes sanitaires.

Cécile, enseignante de français en lycée, nous explique sa vie en classe :
« Pour ma part, j’ai 144 élèves sous ma responsabilité. 36 par classe. La configuration des salles n’a pas changé, les horaires sont les mêmes (8h -18h pour les jeunes). On parle beaucoup du primaire et du post bac dans les nouvelles mesures mais rien pour notre tranche (15-18 ans). Or, nous avons à ce jour dans mon établissement 22 cas. Mais nous continuons… Aucun masque fourni (mais je n’en attendais pas moins), 3 semaines pour obtenir l’ouverture de toutes les fenêtres de la classe dès le matin.  Ne nous plaignons pas, le gel, à ce jour, à l’entrée de la salle, est réapprovisionné même si on nous incite à suggérer aux élèves d’user du leur… Bref, on continue mais avec la sensation surtout que l’on fait tout comme d’habitude ! On nous dit clairement de tenir pour ne pas fermer car cela coûte cher…. Néanmoins, j’avoue tout de même avoir conservé mes îlots pour maintenir le côté collaboratif et social entre élèves. »

Le protocole sanitaire, actuellement en vigueur, paraît ainsi trop souple pour certains enseignants, qui se sentent particulièrement en danger. Julie, enseignante en lycée pro, écrit sur Twitter :

Ce sentiment d’insécurité est partagé par de nombreux enseignants. Comme en témoigne Eric, professeur d’éducation musicale en collège : « Prof de musique, j’ai retrouvé ma salle, j’applique mon propre protocole. En m’inspirant de ce qu’on doit faire et j’essaie de faire plus. Les élèves ne ramènent pas leur cartable en classe. Ils le posent dans une petite salle attenante à la salle de musique. Ils y vont l’un après l’autre car la salle est borgne et très petite… Il y a donc un risque de gros brassage. Ensuite, ils rentrent dans la salle de musique, se mettent du gel hydro puis s’assoient sur une chaise. Pas de table. Je fais un plan de classe précis et même fixe des groupes. J’écourte ma séance car il y a une mauvaise ventilation malgré les fenêtres et portes ouvertes. Malgré tout cela, je ne me sens pas à l’aise et confiant. La majorité portent bien le masque mais de plus en plus le portent mal et les gestes barrières sont mal respectés. Je remarque aussi que certains profs portent mal le masque. Devant les collègues mais aussi devant les élèves et ça c’est inadmissible. Je l’ai pourtant déjà signalé mais certains sont anti masque… »

Sur Twitter, parmi nos followers, certains enseignants ironisent même la situation :

Enfin, sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes montrent leur soutien aux enseignants :