
Cette année encore, le Snpden-UNSA a mené une enquête auprès de 1550 chefs d’établissements sur le non-remplacement des personnels de l’Education nationale. Les résultats montrent une dégradation de la situation : non seulement les chiffres restent faibles, mais ils sont également en baisse par rapport à l’an dernier. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du Snpden-UNSA, estime que la « probabilité qu’un établissement dispose de tous ses personnels est proche de zéro ». Conséquence directe : 76 % des personnels de direction déclarent avoir dû compenser l’absence de postes non-remplacés.
Bien que toutes les catégories de personnels de l’Education nationale soient touchées par les non-remplacements, les enseignants restent les plus concernés. Seuls 29 % des chefs d’établissements (-6 points par rapport à l’année précédente) affirment avoir eu tous leurs enseignants remplacés sur une période de quinze jours ou plus (remplacement long). Une situation particulièrement préoccupante, car les remplacements longs sont ceux qui entraînent le plus de pertes d’heures de cours pour les élèves. Pour Bruno Bobkiewicz, cette dégradation s’explique avant tout par des raisons budgétaires.
Une inquiétude en vue de 2027
À une année de l’élection présidentielle, le syndicat a également tenu à clarifier sa position vis-à-vis des possibles scénarios, tout en affirmant être inquiets pour la suite des événements. Une inquiétude que le secrétaire général détaille « certains partis portent un projet qui n’est pas le nôtre ».
Bruno Bobkiewicz a donc établi la feuille de route syndicale, en énonçant ce que le Snpden-UNSA rejette et ce qu’il défend. Le syndicat se dit avant tout contre « le populisme éducatif », à savoir des propositions susceptibles de séduire un électorat sans réel intérêt pédagogique derrière. Parmi ces propositions, on retrouve le port de l’uniforme, les portiques aux entrées des établissements ou encore les groupes de niveaux. Le syndicat se dit également contre l’orientation précoce et le caractère obligatoire du DNB pour le passage en seconde.
En revanche, le syndicat se dit favorable à la mixité sociale et à l’autonomie des établissements : 72 % des personnels de direction estiment que leur part d’autonomie est inférieure à 5 %. Le Snpden-UNSA désire également un meilleur équilibre entre public et privé : « l’État ne doit plus subventionner aux dépens du public un enseignement privé qui alimente le séparatisme social ». Enfin, le syndicat défend l’idée d’une école inclusive tout en reconnaissant avoir du mal à avancer sur ces questions.
« Certains établissements sont des passoires thermiques »
En raison des fortes températures, Bruno Bobkiewicz a aussi évoqué la situation du bâti scolaire. Pour lui, ces vagues de chaleur mettent en lumière sa mauvaise situation. Il déclare que certains établissements sont des passoires thermiques mais que tout rénover représenterait des milliards d’euros.
Le syndicat a tenu à afficher son soutien au film « L’abandon » qui retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur assassiné le 16 octobre 2020. Bruno Bobkiewicz déclare que ce film est « un outil pédagogique intéressant sur des sujets comme la laïcité, la place des parents ou encore l’utilisation des réseaux sociaux. En plus de cela, il est un « outil supplémentaire pour redonner du sens à la commémoration du 16 octobre ».
Enfin, le syndicat est revenu sur d’autres sujets comme l’utilisation de brouilleurs d’ondes pour lutter contre la fraude lors des examens. Sujet directement lié à celui du texte sur l’interdiction du téléphone portable au sein des lycées, voté à l’Assemblée nationale puis au Sénat dernièrement. Une mesure jugée « inefficace » par Bruno Bobkiewicz qui rappelle que « le téléphone est déjà interdit dans les salles de classe ».




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