Selon le Snpden-UNSA, « la probabilité qu’un établissement dispose de tous ses personnels est proche de zéro ». Image : VNI

Ce mardi 26 mai 2026, le Snpden-UNSA a tenu une conférence de presse pour présenter les résultats de son enquête sur le non-remplacement des personnels de l’Éducation nationale. Celle-ci a été réalisée auprès de 1550 chefs d’établissement. Selon l’enquête, « la probabilité qu’un établissement dispose de tous ses personnels est proche de zéro ». Conséquence directe : 76 % des personnels de direction déclarent avoir dû compenser des absences non remplacés.

Selon Bruno Bobkiewicz, secrétaire général Snpden-UNSA, les résultats montrent une dégradation de la situation : non seulement les taux de remplacement restent faibles, mais ils sont également en baisse par rapport à l’an dernier. Seuls 29 % des chefs d’établissement (-6 points par rapport à l’année précédente) affirment avoir eu tous leurs enseignants remplacés sur une période de quinze jours ou plus (remplacement long). Une situation particulièrement préoccupante, car les remplacements longs sont ceux qui entraînent le plus de pertes d’heures de cours pour les élèves. Pour Bruno Bobkiewicz, cette dégradation s’explique avant tout par des raisons budgétaires.

Une inquiétude en vue de 2027

Au cours de la conférence, Bruno Bobkiewicz a également évoqué l’élection présidentielle à venir. Le syndicat a exprimé son inquiétude en vue de 2027. «Certains partis portent un projet qui n’est pas le nôtre » détaille le secrétaire général.

Concrètement, le syndicat se dit avant tout contre « le populisme éducatif », à savoir des propositions susceptibles de séduire un électorat sans réel intérêt pédagogique derrière. Parmi les propositions que le syndicat rejette, on retrouve le port de l’uniforme, les portiques aux entrées des établissements ou encore les groupes de niveaux. Le Snpden-UNSA se dit également contre l’orientation précoce et le caractère obligatoire du DNB pour le passage en seconde.

En revanche, le syndicat se dit favorable à la mixité sociale et à l’autonomie des établissements : 72 % des personnels de direction estiment que leur part d’autonomie est inférieure à 5 %. Le Snpden-UNSA désire également un meilleur équilibre entre public et privé : « l’État ne doit plus subventionner aux dépens du public un enseignement privé qui alimente le séparatisme social ». Enfin, le syndicat défend l’idée d’une école inclusive tout en reconnaissant avoir du mal à avancer sur ces questions.

Le Snpden-UNSA soutient « L’abandon »

Pour finir, Bruno Bobkiewicz est revenu sur certains sujets d’actualité. Le syndicat a tenu à afficher son soutien au film « L’abandon » qui retrace les onze derniers jours de Samuel Paty, professeur assassiné le 16 octobre 2020. « Ce film est un outil pédagogique intéressant sur des sujets comme la laïcité, la place des parents ou encore l’utilisation des réseaux sociaux » affirme Bruno Bobkiewicz. Il a ajouté qu’il était « un outil supplémentaire pour redonner du sens à la commémoration du 16 octobre ».

Le secrétaire général a aussi évoqué la situation du bâti scolaire. Selon lui, les récentes vagues de chaleur ont mis en évidence la situation préoccupante des établissements. Bruno Bobkiewicz a affirmé que nombre de ces établissements étaient des passoires thermiques. Néanmoins, il a reconnu que tout rénover représenterait des milliards d’euros.

Enfin, à l’approche du baccalauréat, le syndicat est revenu sur l’utilisation de brouilleurs d’ondes pour lutter contre la fraude lors des examens. Sujet directement lié à celui du texte sur l’interdiction du téléphone portable au sein des lycées, voté à l’Assemblée nationale puis au Sénat dernièrement. Une mesure jugée « inefficace » par Bruno Bobkiewicz qui a rappelé que « le téléphone est déjà interdit dans les salles de classe ».