
Quel bilan dressez-vous de l’année 2025 ?
C’est une nouvelle année d’instabilité et d’attente, de cap qui n’est pas forcément défini. Ce qui a été compliqué, c’est la conduite du parcours en Y pour les examens du bac pro. Il y a eu une préparation de rentrée qui a été conduite, puis à nouveau une instabilité de pilotage. Des éléments d’annonce ont été faits par l’ex-ministre de l’Éducation, Elisabeth Borne, mais n’ont pas été suivis ou sont restés en attente, notamment sur le plan de la santé mentale, du Pass culture ou de l’évaluation. Il y a eu ensuite Edouard Geffray qui, assez tôt, a mené une communication auprès des chefs d’établissement. Il a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouveautés et que la priorité serait donnée à la stabilisation. A l’exception de la création d’un comité de la voie professionnelle et d’une sollicitation sur la transformation 2026-2027 sur le parcours en Y.
Quelles sont les principales difficultés que peuvent rencontrer les chefs d’établissements ?
Les chefs d’établissement restent engagés au quotidien et pilotent un nombre important de missions. Nous faisons face à de multiples difficultés : les ressources humaines car il y a un grand nombre de postes vacants. Nous pensons, en premier lieu, aux enseignants mais il y a aussi des secrétaires généraux, des agents comptables, des CPE. Le pôle santé sociale peut également être en sous-effectif, celui-ci regroupe les médecins, les assistantes sociales et les PSY-EN. Les chefs d’établissement peuvent donc se retrouver à mener des doubles, voire des triples missions. Par exemple, depuis cette rentrée, ce n’est plus aux médecins mais aux chefs d’établissement de valider les PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé).
La charge de travail est-elle satisfaisante ou préoccupante ?
Nous passons beaucoup de temps à combler les manques. Cependant, combler les manques empêche d’avancer sur nos missions quotidiennes et d’assurer un bon pilotage pédagogique. Nous sommes souvent contraints de réagir dans l’urgence, cela crée une lassitude et une forme de fatigue. Malheureusement, nous n’avons pas de vision à long terme. Nous sommes les capitaines du bateau, mais en ce moment, nous avons du mal à donner un cap.
Financièrement, estimez-vous que les établissements scolaires soient suffisamment soutenus ?
Financièrement, il y a deux éléments à considérer. Il faut distinguer les moyens de l’État de ceux des collectivités territoriales. Il existe une répercussion des difficultés financières et des incertitudes budgétaires. Ces difficultés peuvent rejaillir au travers des collectivités que ce soit les conseils départementaux (collèges) ou les régions (lycées). Nous n’avons pas encore les budgets mais nous nous rendons bien compte qu’il va falloir faire des économies. Les collectivités territoriales attendent également l’approbation des budgets de l’État, cet ensemble crée une forme d’attentisme et d’incertitudes.
Ressentez-vous une pression hiérarchique ?
On ne peut pas parler de pression, mais des tensions peuvent exister au niveau local. Aujourd’hui, le ministre réaffirme sa confiance dans les chefs d’établissement et dans leur autonomie. Le ministère sait pertinemment qu’il a besoin de nous. Quand je parle de « besoin » c’est que nous sommes la clé de voute pour que l’ensemble fonctionne. Nous avons envie de dire « laissez-nous du temps pour travailler ». Ce que nous n’apprécions pas, ce sont les demandes de comptes rendus et les points d’étape systématiques.
Quelles sont vos revendications et lignes directrices pour l’année 2026 ?
Nous voulons continuer à construire, structurer, organiser, protéger et valoriser notre profession. Nous attendons une stabilisation et un cap clair. Nous sommes déjà dans une incertitude qui ne va pas s’améliorer en vue des présidentielles, nous savons que ce sont des périodes où il peut y avoir une forme d’attentisme. Nous attendons également une reconnaissance financière, ainsi qu’une protection juridique.




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