Edouard Geffray fait désormais état de 3.256 postes d’enseignants supprimés à la rentrée 2026. Image : Getty

Article publié le 28 janvier, mis à jour le 29 janvier 2026

La coupe est désormais officielle, mais les chiffres ont été revus. Après une première annonce portant sur 4.032 suppressions de postes, le ministère de l’Education nationale a corrigé ses prévisions. Dans un document transmis aux syndicats enseignants ce mercredi 28 janvier, Edouard Geffray, fait désormais état de 3.256 postes d’enseignants supprimés à la rentrée scolaire 2026.

Cette décision intervient au lendemain de l’adoption du projet de loi de finances 2026, après que le gouvernement a échappé à deux motions de censure. Les suppressions concerneront toutes les académies, avec toutefois des disparités territoriales marquées.

Baisse de 8% du nombre d’élèves

Dans la répartition actualisée, le premier degré trinque plus que le second. 1891 postes seront supprimés dans les écoles, contre 1365 dans les collèges et lycées. Une orientation qui suscite de vives inquiétudes, notamment dans les territoires déjà fragilisés par des difficultés de recrutement ou des effectifs de classes élevés.

Interpellé lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a justifié cette décision par un facteur qu’il juge incontournable : la démographie. Cette saignée est la conséquence « d’une chute démographique absolument vertigineuse », a-t-il fait valoir devant les députés, insistant sur la baisse rapide et durable du nombre d’élèves scolarisés en France. Un constat étayé dans un avis rédigé par le député Bertrand Sorre, qui souligne que le nombre d’élèves a diminué de 8% entre 2015 et 2024.

Le ministre a par ailleurs insisté sur le caractère, selon lui, mesuré de la décision. Il a rappelé que 8.000 à 9.000 suppressions de postes auraient été nécessaires si l’Etat avait strictement suivi la courbe démographique, assurant que le gouvernement avait fait le choix de limiter l’impact sur le système éducatif.

Si toutes les académies sont concernées – sauf Mayotte et la Guyane-, certaines subiront des pertes plus lourdes que d’autres. Dans le premier degré, les académies de Lille et de Nancy-Metz figurent parmi celles les plus impactées par les suppressions de postes. Dans le second degré, les académies de Rennes, Lille ou encore de Normandie sont aussi concernées.

« C’est la douche froide« 

Une situation qui suscite une vive inquiétude sur le terrain. La secrétaire générale du SNES-FSU n’a pas caché la stupeur des personnels : « c’est un peu la douche froide », a-t-elle réagi, dénonçant des annonces qui risquent, selon elle, de se traduire par des classes plus chargées et une dégradation des conditions de travail, malgré la baisse du nombre d’élèves.

Pour l’exécutif, l’adoption définitive du budget marque une étape décisive, dans un contexte politique tendu. Après le rejet des deux motions de censure déposées à l’Assemblée nationale, le gouvernement dispose désormais d’un cadre financier stabilisé pour mettre en œuvre cette réforme, qui s’annonce déjà comme l’un des points de crispation majeurs de la rentrée scolaire 2026.