L’objectif de l’épreuve est de mesurer l’acquisition des automatismes en mathématiques. Image : Getty

Un décret publié au Journal officiel du 12 juin 2025 a instauré une nouvelle épreuve de mathématiques pour l’examen du baccalauréat. Particularité de cette épreuve : l’interdiction de l’usage de la calculatrice. Cette épreuve anticipée, de coefficient 2, concernera tous les élèves de première, qu’ils soient en filière générale ou technologique. Selon le site Service Public, l’objectif de cette nouvelle épreuve est « de vérifier que les élèves possèdent un certain nombre de compétences fondamentales et d’automatismes mathématiques ».

Parmi ces compétences fondamentales, on retrouve la résolution d’une équation ou le calcul d’une proportion et d’une probabilité. Enfin, les élèves devront être capables d’interpréter des indicateurs statistiques. Dans un discours adressé aux sénateurs, Elisabeth Borne avait déclaré qu’il s’agissait d’un signal envoyé pour montrer, qu’avec le français, les mathématiques constituent l’un des deux piliers du baccalauréat ».

Une épreuve en deux parties

L’épreuve se décompose en deux parties. Le premier volet de l’évaluation, noté sur 6 points, comprendra des calculs et des questions à choix multiples. Son objectif ? Mesurer l’acquisition d’automatismes en mathématiques. La seconde partie, avec un maximum de 14 points, visera à tester la maîtrise des compétences clés en raisonnement et en résolution de problèmes. Elle se composera de 2 à 3 exercices, chacun indépendant des autres.

Trois sujets distincts seront proposés en fonction des programmes de mathématiques. Les sujets seront adaptés aux différentes voies : générale et technologique. Ainsi, chaque lycéen de première, devra composer sur le sujet correspondant à son parcours. Cela comprendra le tronc commun de la classe de première technologique, le programme de mathématiques intégré à l’enseignement scientifique pour les élèves de la voie générale qui ne choisissent pas la spécialité « mathématiques », ainsi que le programme de spécialité pour ceux qui suivent cette option en voie générale.

Un programme non adapté à l’épreuve

L’annonce de cette épreuve n’a pas manqué de faire réagir. Dans une interview accordée à BFM, Claire Piolti-Lamorthe, présidente de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public (APMEP) déclare « c’est une bonne chose de travailler les automatismes ». Elle ajoute que maîtriser les automatismes permet de faire baisser l’anxiété que peuvent susciter les mathématiques. Cependant, elle concède que s’entraîner aux automatismes « demande du temps ». Or, certains élèves n’ont qu’une heure et demie de mathématiques par semaine.

Pour Pierre Priouret, du Snes-FSU, également interrogé sur BFM « les élèves de première qui vont passer cette épreuve cette année n’y ont pas été entraînés ». Ce professeur dénonce ainsi un programme « pas tout à fait calé sur l’épreuve ».