Les députés ont adopté, ce 26 janvier, la proposition de loi visant à interdire l’usage des smartphones au lycée. Image : Getty

Examinée ce lundi 26 janvier à l’Assemblée nationale, la proposition de loi visant à interdire l’utilisation des téléphones portables au sein des lycées a été adoptée dans la nuit par les députés. Le texte prévoit également d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Emmanuel Macron, défenseur du texte, s’est réjoui sur X de cette « étape majeure », et a annoncé avoir activé la procédure accélérée « pour que cette interdiction soit effective dès la rentrée prochaine ».

« La France montre qu’il est possible d’agir pour ses jeunes »

Quelques jours avant la rentrée de janvier 2026, Edouard Geffray était revenu sur l’interdiction des téléphones portables au lycée, confirmée mi-décembre par Emmanuel Macron. Dans un entretien à Ouest-France le 3 janvier, le ministre de l’Education nationale avait défendu la mesure, « à la portés symbolique forte » et a affirmé qu’une marge de manoeuvre sera laissée aux chefs d’établissements. Sur X ce 27 janvier, il a confirmé l’adoption de la mesure par l’Assemblée. « Ce soir, la France montre qu’il est possible d’agir pour ses jeunes face à un enjeu de santé publique, cognitif, social et civique », s’est-il félicité.

L’AEF, qui a pu consulter l’avant-projet de loi, indique que la présentation de ce dernier met en avant le « nombre croissant de menaces, dangers et risques d’atteintes au bien-être physique et mental des mineurs » induits par les usages numériques. Le texte a donc pour objectif de « protéger les générations à venir face à ces périls qui non seulement nuisent à l’épanouissement satisfaisant des adolescents dans leurs parcours vers l’âge adulte mais mettent également directement en danger la solidité de notre construction sociale, du partage de nos valeurs collectives et du devenir ensemble ».

Des adaptations par les chefs d’établissements

Comme annoncé par Edouard Geffray, les établissements auront la possibilité de mettre en place certaines « dérogations » à ce projet de loi. Ainsi, « il y a par exemple des lycées dans lesquels le téléphone est nécessaire pour ‘biper’ à la cantine, soulignait le ministre. Il reviendra donc au chef d’établissement d’adapter les choses à la réalité des pratiques et des usages, via le règlement intérieur ».

Pour Olivier Beaufrère, proviseur et secrétaire national du SNPDEN-Unsa, « l’interdiction formelle est quasiment impossible à porter », puisque les lycéens peuvent sortir entre les cours. « Si c’est pour voir dans mon lycée, sur 1 500 élèves, 800 d’entre eux sortir pour pouvoir utiliser leur téléphone portable, ce n’est pas jouable », a-t-il souligné sur franceinfo le 31 décembre. Selon lui, il faudrait plutôt « faire de l’éducation, expliquer les méfaits de l’écran et introduire des zones dans lesquelles on n’utilise pas le portable ».

Le texte doit désormais être examiné au Sénat, dans le cadre de la procédure accélérée souhaitée par Emmanuel Macron.