La Société des Agrégés publie un ensemble de principes visant à une refondation de l’Education nationale. Image : Getty

Dans un communiqué publié ce lundi 2 février, la Société des Agrégés présente son voeu pour 2026, qui consiste en principes pour une refondation de l’Éducation nationale. Pour elle en effet, « aucune amélioration du système éducatif ne sera possible sans un examen approfondi de ses dysfonctionnements, sans une rupture avec les politiques éducatives passées […], sans une refondation sur de nouvelles bases. »

L’association fait donc part d’un ensemble d’exigences sans lesquelles, d’après elle, il sera impossible de redresser la situation catastrophique de l’école, du recrutement des enseignants, et de leur malaise.

Concours enseignants : le savoir avant tout

Dans son texte, la Société des Agrégés revient sur la réforme de la formation et des concours enseignants . Elle dénonce l’ « hypocrisie d’une réforme de la formation initiale et du recrutement qui prétend ‘mieux former pour mieux faire réussir nos élèves‘ en réduisant les exigences disciplinaires demandées aux candidats au CAPES ». Pour l’association, « le premier principe sur lequel doit reposer le système éducatif est le savoir. »
Et la « priorité de la transmission du savoir doit se traduire dans les programmes nationaux, les horaires d’enseignement, les exigences à attendre des élèves, la formation et le recrutement des professeurs. »

En conséquence, « la formation initiale doit être essentiellement disciplinaire et le concours avoir pour objectif de recruter les meilleurs étudiants dans la discipline. »

Une trop grande hétérogénéité des classes

Pour ce qui est des conditions matérielles d’enseignement à proprement parler, la Société des Agrégés dénonce l’ « hétérogénéité excessive dans la composition des classes. » Cela « pose des problèmes pédagogiques difficiles à résoudre » pour le professeur, mais est également dommageable aux élèves les meilleurs comme aux moins bons.
Les effectifs surchargés des classes sont également un véritable problème : « ce qui est possible avec un petit groupe d’élèves devient quasi insurmontable avec 25 à 35 élèves ».

L’association plaide donc pour « une organisation structurelle et pédagogique des classes permettant à chacun de progresser dans les meilleures conditions ».

Limiter le poids du contrôle continu

Par ailleurs, pour la Société des Agrégés, « sauvegarder le caractère national de l’enseignement, dans son organisation générale, dans ses programmes, dans ses exigences, dans l’attribution des diplômes du brevet ou du baccalauréat » est impératif.

En ce sens, pour ce qui est du brevet et du baccalauréat, « le poids du contrôle continu dans les examens doit être strictement limité. » Pour rappel, le contrôle continu compte pour 40% de la note finale au bac général et technologique, et au brevet des collèges (DNB).

L’instruction, priorité nationale

Enfin, « le service public de l’enseignement ne saurait être une variable d’ajustement » budgétaire, et il faut impérativement qu’ « au-delà des slogans illusoires et trompeurs, l’instruction publique devienne, dans les faits, une véritable priorité nationale. » En conclusion, cette phrase résume un des principes majeurs pour la Société des Agrégés : « Tous les élèves ont droit, sur tout le territoire, à un enseignement de qualité dispensé par des professeurs qualifiés. »