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Le système éducatif français a-t-il encore des progrès à faire en matière d’égalité des chances ? Il semblerait que oui : sur Twitter, des personnels de l’Education nationale ont partagé les données du ministère pour les années 2017-2018 et 2019-2020, constatant de fortes inégalités entre les élèves d’origines sociales différentes.

Filières d’excellence : l’écrasante majorité des enfants de cadres

Sur les graphiques, on observe les tendances à vue d’oeil : alors que les proportions d’enfants d’ouvriers et d’enfants de cadres sont à peu près équivalentes au collège, les enfants de cadres supérieurs dominent ensuite largement dans les lycées généraux et à l’université, et encore davantage en classe prépa et dans les écoles normales supérieures.

De l’autre côté, les enfants d’ouvriers sont nombreux en Segpa et dans les parcours professionnels : lycée technologique, bac professionnel, CAP, BTS.

Des inégalités persistantes

En deux ans, la situation a peu évolué : bien que les écarts se soient légèrement réduits dans les filières professionnelles et techniques, ils stagnent voire augmentent dans les lycées généraux et les « filières d’excellence » (classes prépas, écoles normales supérieures) où les enfants de cadres restent extrêmement majoritaires.

En somme, plus on avance dans les études supérieures, plus les enfants de cadres sont nombreux, et moins les enfants d’ouvriers sont représentés.

Ainsi, en 2019-2020, on compte 64,2% d’enfants de cadres en écoles normales sup. contre 2.3% d’enfants d’ouvriers.

A l’université, les chiffres restent stables, les enfants les plus favorisés restant majoritaires.

A partir de données plus récentes sur l’origine sociale des élèves du second degré et des étudiants, on peut voir que la tendance reste la même depuis 2020.

Malgré une volonté de revaloriser la voie professionnelle et d’encourager les élèves les plus défavorisés à s’engager dans des études supérieures, les inégalités restent marquées.