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A l’école, les contaminations explosent. Selon le dernier point sanitaire du ministère, 33 500 élèves ont été testés positifs au Covid-19. Chez les 6-10 ans, le taux d’incidence s’envole :  il passe de 600 cas pour 100 000 habitants au 30 novembre à 750 au 2 décembre pour cette tranche d’âge.

Depuis le 29 novembre, le ministère de l’Education a mis en place un nouveau protocole sanitaire à l’école. Il prévoit désormais en primaire de tester les élèves dès le premier cas de Covid plutôt que de fermer les classes, comme c’était le cas. Un nouveau protocole qui inquiète fortement les enseignants, dont le SNUipp-FSU qui a adressé un communiqué au ministère de l’Education nationale dans lequel il réclame des mesures adaptées.

La communauté médicale s’inquiète également du nouveau protocole sanitaire, non approprié à la situation sanitaire et critique la gestion de la crise à l’école. Pour Djillali Annane, chef du service réanimation à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, relayé par Europe 1, le moment a été mal choisi pour prendre une « mesure d’allégement » à l’école alors que l’on rentre dans le « vif d’une cinquième vague ».

Selon certains spécialistes, les enfants participent activement à la circulation virale et le taux d’incidence des 6-10 ans serait bien plus élevé que celui annoncé officiellement :

Sur Twitter, ils sont nombreux à s’exprimer :

De son côté, la Haute Autorité de santé a récemment publié un communiqué de presse dans lequel elle recommande la vaccination des enfants fragiles, âgés de 5 à 11 ans. Il faut ouvrir  « la vaccination à certains enfants de cette classe d’âge : ceux qui présentent un risque de forme sévère de la maladie et de décès et ceux qui vivent dans l’entourage d’une personne immunodéprimée ou vulnérable non protégée par la vaccination et n’ayant pas pu être vaccinée », écrit-elle. Selon la HAS, la classe d’âge des « 6 à 11 ans est désormais celle, parmi les enfants scolarisés, qui enregistre le taux d’incidence le plus élevé », du fait de la vaccination des enfants âgés de 12 à 17 ans.

La HAS recommande par ailleurs de « renforcer la prévention de la transmission en milieu scolaire par le maintien des mesures barrières, l’aération régulière des locaux et l’utilisation périodique des tests de dépistage. »

De nombreux médecins ont publié une tribune sur l’Express dans laquelle ils rejettent « la proposition d’immunisation par infection des enfants. » Pour cela, un « plan d’urgence pour lutter contre la circulation du virus par aérosol dans les écoles » doit être activé, écrivent-ils. Et « une décision sur la vaccination des enfants fondée sur des données scientifiques » doit être prise.

Enfin, le ministre de la Santé a annoncé ne pas être fermé à la vaccination des 5 à 11 ans en l’ouvrant d’abord à ceux qui sont « sujets à des formes graves » à la mi-décembre puis à « tous les enfants d’ici le mois de janvier ».