Le syndicat des Directeurs et Directrices d’école demande un renforcement réel de la protection des données des agents. Image : getty

Ce dimanche 23 août, le syndicat des Directeurs et Directrices d’école a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale. Dans celle-ci, le syndicat dénonce une rentrée qui serait « mal anticipée« , mais surtout « matériellement impossible de préparer ». Ces difficultés sont en partie liées aux nombreux problèmes informatiques, notamment ceux qui touchent la plateforme ONDE (Outil numérique pour la direction d’école), ainsi que les récents piratages.

Depuis plusieurs mois, cette plateforme, ainsi que plusieurs messageries professionnelles, seraient inaccessibles. Pour les chefs d’établissement, ce problème est loin d’être un détail puisque, selon eux, il pénalise les enfants, mais également les parents. En effet, selon le syndicat, l’été serait une période particulièrement charnière, puisque c’est à ce moment-là que « se jouent les inscriptions tardives, les radiations, les répartitions d’effectifs et les premiers contacts avec les familles nouvellement arrivées ».

Cyberattaque : un motif d’inquiétude grave

Les problèmes de messagerie et de plateforme ne constituent pas le seul motif d’inquiétude pour les chefs d’établissement. À cela s’ajoutent les piratages subis par l’Éducation nationale sur ces derniers mois. Un premier piratage a eu lieu dans la nuit du 25 juillet 2026, une intrusion sur le système dédié à la formation des personnels, aurait touché tous les agents ayant exercé en académie depuis 2001. Ce lundi 17 août, l’attaque a d’ailleurs été revendiquée par un groupe de pirates informatiques du nom de ZeroBytes. Un deuxième piratage est survenu mi-août : cette fois-ci, ce sont des données issues d’I-Prof (touchant les 33 académies) qui auraient été exfiltrées.

Le syndicat a donc fait savoir ses craintes vis-à-vis de la fiabilité des systèmes, d’autant que ces derniers abritent des données confidentielles sur les agents. Les chefs d’établissements déclarent qu’ils ne peuvent se satisfaire « d’un silence sur l’ampleur réelle de ces failles ni sur les mesures prises pour les combler durablement ». Par conséquent, le syndicat demande une « transparence totale » du gouvernement vis-à-vis de la nature des incidents ainsi qu’un « renforcement réel » de la protection des données.

Un constat partagé

Le syndicat des Directeurs et Directrices d’École n’est pas le seul à émettre ce point de vue. Le constat est partagé par le SNPDEN-Unsa. Interrogé au micro de Franceinfo ce lundi 24 août, Gérard Heinz, membre de l’exécutif national du syndicat déclarait ceci à propos de la rentrée scolaire : « elle aura lieu, mais d’un point de vue logistique, ça risque d’être un peu la pagaille ».

Même chose pour la FSU, qui dénonce dans un communiqué des administrations qui ont fait preuve d’une grande insuffisance dans l’information aux personnels ainsi que le temps de réaction avec lequel les différents ministères ont traité ces attaques. En tout cas, pour les chefs d’établissement, le message est clair : préparer la rentrée dans les bonnes conditions n’est pas un confort mais bien une nécessité.