D’après le Syndicat des Directrices et Directeurs d’Ecoles, il faudrait ouvrir les écoles à 6h30 du matin pour pouvoir contrôler tous les sacs des élèves. Image : Getty

Dans un communiqué publié mardi 10 février, le #S2dé, Syndicat des Directrices et Directeurs d’Ecoles, dénonce une nouvelle consigne les concernant : celle de devoir fouiller tous les sacs des élèves, avant le début des cours.

Suite au drame de Sanary-sur-Mer, les directeurs et directrices d’école de certaines académies ont reçu en effet pour consigne de fouiller les sacs de tous les élèves le matin avant les cours.

Le syndicat note, avec humour, qu’un « nouveau métier attend donc les directeurs et directrices : agent de sécurité. » Ce qui pour le syndicat correspond à « un rêve éveillé venu d’en haut. »

« Des agents de sûreté aéroportuaire à 8h20 »

Dans son communiqué, le syndicat, s’adressant au ministre de l’Education nationale, rappelle que dans le premier degré, la vie scolaire, ce sont les directeurs et directrices, et que par conséquent, « nous transformer en agents de sûreté aéroportuaire à 8h20, c’est audacieux, mais techniquement, nous manquons de bras. » Et d’ajouter : « À moins de commencer l’école à 6h30 pour finir l’entrée des élèves à 8h30, l’équation nous semble insoluble. »

Dans un tel contexte, poursuit le syndicat, « dans la majorité de nos écoles urbaines, aux effectifs chargés et aux trottoirs étroits, faire ouvrir chaque cartable créerait un embouteillage monstre digne d’un départ en vacances sur l’A86. Et de conclure : « Sans aucun moyen supplémentaire, nous ne pourrons assurer ce contrôle des cartables. »

« Une chaîne de prise en charge en faillite »

Le #S2dé insiste aussi sur le fait que ces fouilles de sac finalement ne servent à rien, car « les auteurs de ces drames ne sont pas des fantômes. Ils sont bien souvent des profils identifiés, connus de tous les services (sociaux, médicaux, judiciaires) mais laissés à la dérive par une chaîne de prise en charge en faillite. »

En conclusion, « le danger ne vient pas de la trousse Reine des Neiges, mais de l’absence de suivi éducatif en amont. »