Pas de réforme des rythmes scolaires à la rentrée 2026, mais des décisions politiques sur le sujet en 2027, selon Edouard Geffray. Image : Getty

Article publié le 9 février, mis à jour le 11

Sécurité des établissements et réforme des rythmes scolaires : le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray s’est exprimé ce matin sur RTL sur ces grandes questions d’actualité éducative. Il est notamment revenu sur le drame de l’enseignante poignardée à Sanary-sur-Mer, dont l’état « s’améliore un petit peu ».

525 couteaux trouvés dans les sacs des élèves en moins d’un an

Interpellé par le mari d’Agnès Lassalle, enseignante d’espagnol tuée par un élève en 2023, le ministre a souligné que « tout cela, c’est une chaîne. On peut traiter un certain nombre de symptômes, comme par exemple le fait que certains jeunes aujourd’hui viennent avec des couteaux à l’école ». Avec le dispositif de fouilles aléatoires des sacs des élèves mis en place au printemps 2025 par l’ancienne ministre Elisabeth Borne, « entre mars et décembre dernier, on a fait en moyenne 1 500 contrôles de sacs par mois. On a envoyé hier au préfet et au recteur une instruction pour densifier encore ces opérations », a-t-il indiqué.

Grâce à ces contrôles, « en moins d’un an, 525 couteaux » ont été trouvés, selon le ministre. Et « pour l’Education nationale, j’ai fait 1600 conseils de discipline liés à des intrusions d’armes », a-t-il poursuivi.

Toutefois, « on ne peut pas tout demander à l’école, a-t-il estimé. Notre rôle, c’est d’instruire, de protéger dans l’enceinte scolaire. Mais il faut aussi que les parents discutent avec leurs enfants, de la violence en général ». Et le ministre a rappelé qu’ « en tout état de cause, il y a un tabou absolu, c’est qu’on ne touche jamais un professeur ».

Pas de raccourcissement des vacances en 2026

Alors qu’Emmanuel Macron affirmait, ce jeudi 5 février sur Brut, qu’ « il faudrait aller vers des journées plus courtes pour nos collégiens et nos lycéens », avec, en contrepartie, « des vacances plus courtes », Edouard Geffray a affirmé ne pas être « en mesure de changer les rythmes pour la rentrée 2026. Ce que le Président a dit à la suite de la Convention citoyenne, c’est qu’effectivement, on a des vacances d’été qui sont longues, ça a des effets sur les jeunes, a-t-il expliqué. En éducation prioritaire, c’est-à-dire pour les élèves les plus défavorisés, les deux mois d’été de vacances ça correspond à un mois de perte d’apprentissage. C’est parfaitement démontré et c’est un problème », a-t-il reconnu, estimant que les vacances scolaires d’été devraient durer « entre 4 et 6 semaines ».

Sur cette question, « il y a déjà eu un débat au Conseil supérieur de l’éducation », a affirmé le ministre. « Mais le débat politique, la décision politique, c’est du 2027 pour moi ».

Dans le Sud, « dès le mois d’avril il fait trop chaud »

Sur BFMtv ce 11 février, enseignants et chefs d’établissements pointent du doigt les difficultés concrètes engendrées par cet éventuel raccourcissement des congés d’été. La chaleur en premier lieu, puisque « les locaux scolaires ne sont pas du tout adaptés. Dans certains établissements du Sud, dès le mois d’avril, il fait trop chaud », souligne ainsi la secrétaire générale de la fédération CFDT Éducation, Catherine Nave-Bekhti. « Il arrive même qu’on demande aux familles de garder leurs enfants si elles le peuvent, mais il faudrait faire cours en plein été ? ». Le secrétaire national du SE-Unsa Jérôme Fournier s’interroge quant à lui sur la « compensation » pour les enseignants.

Enfin, Bruno Bobkiewicz, secrétaire générale du syndicat des personnels de direction SNPDEN-Unsa, rappelle « qu’entre le moment où les élèves quittent les établissements et celui où ils reviennent pour la rentrée, il y a du travail ». Il affirme que « c’est un temps non compressible nécessaire pour faire les emplois du temps, préparer la rentrée », et que raccourcir les congés d’été « voudrait donc dire que nous n’aurions plus de vacances ».