
Après une année scolaire rythmée par les cours, les copies, les conseils de classe ou bien encore les réunions, l’été représente un temps de respiration pour les enseignants de disciplines littéraires. Pour Axel, professeur d’histoire-géographie dans un lycée nantais, l’été commence par une coupure totale. « Je passe mon été dans les Pyrénées, en Espagne, puis à Arcachon. Au programme : randonnée, sport, lecture, cinéma, dîners entre amis. J’ai souvent des lectures en lien avec l’histoire et la géographie mais cela reste avant tout un plaisir », confie-t-il. L’enseignant profite pleinement de cette période pour changer d’air et savoure de pouvoir partir hors de son domicile.
L’envie de ralentir
Il est réellement en vacances aux alentours du 10 juillet et dispose de quatre semaines de vrai repos avant de préparer ses cours durant la deuxième quinzaine d’août. Il retrouve ainsi progressivement son rythme professionnel sans sacrifier son besoin de déconnexion.
Même envie de ralentir chez Bénédicte, professeur-documentaliste dans un collège et un lycée à Blois. Pour elle, l’été est avant tout une parenthèse pour prendre soin de soi et retrouver le plaisir des choses simples. « Je pars à Annecy me ressourcer au bord du lac et à l’ombre des grands arbres. J’emporte tous les livres qui s’empilaient sur ma table de chevet pour prendre le temps de les savourer, allongée sous le figuier », énumère-t-elle. Elle prévoit quelques sorties culturelles et beaucoup de temps partagé avec ses proches. « Une expo ou deux, quelques gourmandises glacées dans la vieille ville. Et surtout du temps pour moi ! Sans oublier du temps pour mes enfants et petits-enfants… Le bonheur de ralentir », ajoute-t-elle.
Lire pour soi mais aussi nourrir ses cours
Pour les enseignants de matières littéraires, la frontière entre passion personnelle et activité professionnelle est parfois fragile. Lire pendant l’été n’est pas forcément synonyme de travail mais ces lectures finissent souvent par enrichir leurs cours. Olivier, professeur agrégé de philosophie au lycée d’État de la Légion d’Honneur, profite de ses vacances pour approfondir sa réflexion : « je pars à l’étranger, en Espagne et à Chypre, pour me reposer, changer de rythme et en profiter pour lire et travailler pour moi. Je ne prépare pas des cours mais je pars avec dans ma valise des livres que j’ai envie de découvrir en profitant d’un temps long sans être à courir après les copies à corriger et les contraintes administratives diverses ».
Cet été studieux, mais choisi, lui permet également de développer des projets personnels, notamment l’écriture. L’été dernier, il a rédigé un essai, publié cette année. Cet été, il compte poursuivre ce travail dans le plaisir et sans stress. Pour lui, les vacances sont même un prolongement naturel de la philosophie, un moment propice à la réflexion. « Ce que les gens ne voient peut-être pas toujours, c’est que la philosophie est une activité du quotidien. Il ne s’agit pas nécessairement de réciter son Platon ou son Descartes mais de renouveler sans cesse sa réflexion. Les vacances ont une grande vertu : elles permettent de continuer à apprendre dans le plaisir ! », indique-t-il.
Entre projets éditoriaux et préparation de rentrée
Certains enseignants profitent aussi de l’été pour avancer sur des projets liés à leur métier. C’est le cas d’Ophélie, professeur de français, qui assume un été partagé entre travail et repos. « On dit souvent que les enseignants ont deux mois de vacances. Ce n’est pourtant pas vraiment le cas… De mon côté, mon été se déroule en trois temps : du travail au début, du travail à la fin, et les vacances au milieu ». Son début d’été est consacré à la finalisation d’un guide lié à l’usage de l’intelligence artificielle en français pour Belin Éducation, prévu pour septembre. Elle profite également de cette période pour préparer ses progressions annuelles. Puis vient le moment de décrocher réellement. «Deux ou trois semaines de vraies vacances avec ma fille et mon conjoint, et des retrouvailles en famille dans la Chartreuse. Pas de copies, pas d’écrans, des montagnes, des pages de jeux et une bonne pile de livres », raconte-t-elle.
Elle reprendra ensuite le chemin de la rentrée, avec la préparation de nouvelles séquences et des projets éditoriaux menés avec Gallimard, avec qui elle collabore depuis plusieurs années. Ophélie reconnaît toutefois avoir du mal à séparer complètement vacances et travail : « je n’arrête jamais véritablement de travailler parce que je crois que j’adore profondément ce que je fais. J’ai la chance immense de cumuler deux activités qui se complètent et me passionnent », glisse-t-elle. Installée sur la côte landaise, elle trouve aussi un avantage non négligeable à son cadre de vie qui lui permet d’être un peu en vacances toute l’année.








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