
La secrétaire générale de la SNES-FSU, s’est exprimée ce mardi 1er septembre au micro de France Info. Bien que la rentrée se déroule cette année sans réforme, Sophie Vénétitay déclare que les enseignants ne sont pas pour autant plus sereins. Elle fait plutôt l’état d’un désenchantement et d’une colère qui règnent au sein de la profession.
Elle pointe du doigt le manque de professeurs et s’est montrée critique à l’égard d’une des mesures phares de cette rentrée : l’interdiction du téléphone portable au lycée. La secrétaire générale déplore que celle-ci ne se mette pas réellement en place.
« Le sens même de notre métier remis en cause »
Interrogée sur les déclarations du ministre de l’Éducation nationale sur France Inter, Sophie Vénétitay semblait être en accord sur le fait que les enseignants avaient besoin de se recentrer sur la profession. « On n’a pas eu beaucoup le temps ni la possibilité de le faire pendant les dix années d’Emmanuel Macron […] petit à petit c’est le sens même de notre métier qui a été remis en cause » souligne-t-elle.
Cependant, Sophie Vénétitay ne partage pas l’optimisme du ministère sur la question des effectifs. Édouard Geffray affirmait que les absences resteraient « extrêmement marginales » grâce au plein de recrutements réalisé via les concours. La secrétaire générale de la SNES-FSU conteste cette réalité. Elle explique : « Nous sommes rentrés dans nos classes et nous constatons déjà des absences et des postes non remplacés, pourtant prévisibles ». Elle cite notamment le CAPES de mathématiques, où de nombreux postes n’ont pas été pourvus, précisant qu’au total, près de 440 postes sont restés vacants.
Le salaire : principal frein de l’attractivité
La question du salaire a également été évoquée. La secrétaire générale rappelle que la rémunération demeure le premier frein concernant l’attractivité du métier, surtout chez les jeunes. Pour Sophie Vénétitay cette question n’est pas réglée, ce qui expliquerait en partie pourquoi certains postes ne seraient pas pourvus. Le FSU prendra d’ailleurs part à une journée de mobilisation prévu le mardi 29 septembre. Parmi les revendications : la perte d’attractivité des métiers publics ainsi que l’urgence salariale.
Le sujet du salaire est d’autant plus central car il est actuellement au cœur des programmes politiques en vue de la présidentielle de 2027. Questionnée sur ces programmes, Sophie Vénétitay a dénoncé un intérêt qui relèverait davantage de manœuvres politiciennes que d’un réel intérêt pour la profession. « Aujourd’hui, il va falloir montrer qu’on est autre chose qu’une part de marché électoral » déclare-t-elle.


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