Selon le SNMSU-UNSA, il y aurait moins de 500 médecins scolaires sur l’ensemble du territoire national. Image : Getty

« Stop aux belles paroles et à l’affichage politique, il est urgent d’agir ! » Voici le titre du communiqué de presse publié ce mardi 9 juin 2026 par le SNMSU-UNSA (syndicat national des médecins scolaires et universitaires). Ce communiqué fait suite aux déclarations de la ministre de la Santé, Mme Stéphanie Rist. Invitée sur le plateau de France Info mardi 2 juin, la ministre a promis « un coupe-file » et des rendez-vous sous 48 heures aux élèves « repérés » par l’Éducation nationale. Une déclaration que le syndicat qualifie de « leurre ». Le SNMSU-UNSA ajoute qu’en aucun cas cette mesure n’aurait la capacité de traiter efficacement le problème.

Stéphanie Rist a justifié son propos, affirmant qu’agir de manière plus précoce permettra d’éviter des hospitalisations. Le SNMSU-UNSA a déclaré partager pleinement le constat d’urgence, cependant il s’insurge contre « l’insuffisance des mesures présentées« .

Des déclarations illusoires

Même si la ministre de la Santé a déclaré ne pas nier les problèmes existants, pour le syndicat, ces propos ont surtout permis de démontrer sa méconnaissance du terrain. Dans son communiqué, le SNMSU-UNSA déclare que ce coupe-file ne servira qu’à « entretenir dans l’illusion les usagers du système de soins et les parents d’élèves ».

Le syndicat qualifie également de scandaleux les propos de la ministre de la Santé. Selon eux, décréter « qu’une meilleure organisation des personnels soignants associée à un élargissement des plages horaires des services de soins suffira à répondre aux besoins des enfants et des adolescents » laisserait entendre que les personnels de santé seraient responsables de la non-prise en charge des élèves.

Des pénuries d’effectifs

Le syndicat dénonce également l’absurdité derrière la proposition qui évoque que « tout enfant et adolescent en crise suicidaire ou en danger vital puisse accéder aux urgences ». Pour le SNMSU-UNSA, c’est une évidence. Mais l’application de celle-ci est rendue compliquée par la pénurie de médecins et de lits disponibles.

Une pénurie qui se matérialise dans les chiffres, il y aurait moins de 500 pédopsychiatres et environ le même nombre de médecins scolaires sur l’ensemble du territoire national. À cela, s’ajoute le problème de l’âge : la moitié de ces effectifs avoisinerait les 60 ans. Pour le syndicat, la situation est parfaitement claire : les moyens ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux de santé publique.