A la suite d’un problème technique ayant affecté la qualité de l’enregistrement audio, nous n’avons malheureusement pas pu diffuser cette interview en vidéo. Nous vous proposons donc de la découvrir sous la forme d’une retranscription écrite.

Comment est née votre vocation ?
« Je suis devenu professeur d’histoire-géographie un peu par hasard. Au départ, je voulais faire du cinéma. Mais je me suis rendu compte que c’était un milieu qui ne me correspondait pas, notamment en raison de la précarité de l’emploi. J’aurais aimé enseigner le cinéma, mais pour cela, il fallait d’abord avoir une « discipline recrutante », c’est-à-dire un concours qui existe à enseigner. J’ai donc choisi l’histoire-géographie, alors que c’était la matière que je maîtrisais le moins. Je me suis dit que si je voulais un jour écrire des scénarios historiques, ou simplement acquérir une véritable culture historique, ce serait une bonne base. »
Le plus dur dans votre métier ?
Aujourd’hui, l’une des principales difficultés de notre métier est la coéducation avec les familles. Il faut réussir à construire une relation qui réponde à la fois aux attentes des familles, aux besoins des enseignants et aux exigences de l’institution, tout en respectant le rôle de chacun. Trouver cet équilibre, c’est sans doute le plus grand défi de notre métier.
Le plus satisfaisant ?
Le plus satisfaisant, c’est de contribuer à former les citoyens de demain en leur transmettant de bonnes valeurs, les valeurs de la République. Je parle ici de valeurs universelles, celles qui permettent de vivre ensemble. Il s’agit aussi de donner aux élèves le bagage intellectuel nécessaire pour comprendre le monde dans lequel ils vivent et faire en sorte qu’ils ne soient pas piégés par des idéologies susceptibles de les manipuler.
Quel est le moment le plus drôle de votre carrière ?
Un jour, j’étais un peu agacé par certaines remarques de parents d’élèves. Je croise un ancien collègue que je connaissais très bien, avec qui j’avais travaillé sur mon tout premier film. Je lui demande comment il va et comment se passent ses vacances. Il me répond en me vouvoyant. Sur le moment, cela ne m’a pas plus surpris que ça, mais ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Je lui demande alors : “Comment se sont passées tes vacances en Bretagne ?”. Il me répond : “Comment vous savez que je suis parti en Bretagne ?”. Je lui réponds : “J’ai vu tes photos sur Facebook !”. Nous discutons un moment et j’en profite pour me laisser aller à quelques commentaires sur les parents d’élèves, dans des termes qui n’étaient pas forcément ceux de l’institution. Puis je repars… Et je réfléchis. Au fait, ce n’était pas du tout mon ancien collègue : c’était le président de la fédération des parents d’élèves !
Et le moins drôle ?
Ce qui est le plus difficile, c’est de voir des enfants seuls dans la cour de récréation. On les reconnaît facilement : ils avancent en fixant un point à l’horizon, comme pour se donner une contenance. En classe, c’est pareil. On voit ces élèves que personne ne choisit lorsqu’il faut se mettre en groupe pour travailler. Ça, c’est vraiment très dur. Au quotidien, c’est sans doute ce qui me touche le plus.
OK pour être professeur d’histoire-géographie jusqu’à la retraite ?
Cela ne fait que treize ans que j’exerce ce métier. Ce que je souhaite, c’est que, si un jour je ne supporte plus d’être enseignant, que je ne supporte plus les élèves ni leurs parents, j’espère avoir la force de m’arrêter.
Un mot à adresser aux jeunes qui souhaiteraient faire votre métier ?
Enseigner l’histoire-géographie, c’est exercer un métier qui est vraiment au cœur de la vie. Nous participons à la formation des futurs citoyens, de celles et ceux qui construiront le monde de demain. C’est un métier parfois très difficile, parfois épuisant, mais c’est aussi un métier profondément gratifiant.


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