Tous les élèves de 3e pourront s’inscrire au concours sur la base du volontariat. Image : Getty

Dans un communiqué publié vendredi 03 avril, le ministère de l’Education nationale a annoncé la création du Concours général des collèges. Ce concours s’adresse aux élèves de 3e sur la base du volontariat. La première édition aura lieu au cours de l’année scolaire 2026-2027 et se déroulera indépendamment de l’épreuve du Brevet. Son objectif : « valoriser les talents sur tout le territoire ».

Exprimer ses talents

Selon les mots du ministre de l’Education nationale, ce nouveau concours a pour objectif « de stimuler l’ambition de tous les élèves, de les encourager à découvrir leur potentiel et à exprimer leurs talents ». Celui-ci est destiné à valoriser des compétences variées, au-delà « des formes traditionnelles ».

Au total, cinq matières seront proposées : Mathématiques et sciences, avec une épreuve de résolution de problème ; Français et culture générale, avec la rédaction d’un écrit long mobilisant des références culturelles diverses ; Histoire-géographie ; Arts plastiques ; Informatique et codage, avec une épreuve centrée sur la pensée informatique et les technologies d’avenir. Chaque candidat inscrit devra choisir parmi l’une de ces matières.

Edouard Geffray soutient que le concours doit se réaliser dans une « logique d’égalité territoriale ». Pour ce faire, chaque établissement pourra inscrire 10 % de son effectif en classe de 3e. Mais également une « logique d’égalité de genre », afin d’y parvenir les collèges devront proposer une inscription paritaire entre filles et garçons.

Le symbole d’une forme d’élitisme

Les principaux syndicats n’ont pas tardé à réagir à l’annonce du ministre. Le SNES-FSU dénonce au travers d’un communiqué un concours élitiste. Le syndicat évoque aussi un coup médiatique destinant à faire oublier les principales préoccupations du personnel scolaire. En effet, mardi 31 mars, une intersyndicale avait lancé un appel à la grève pour protester contre les suppressions de postes.

De son côté, la CFDT Education Formation Recherche Publiques, qualifie le nouveau concours d’«hors-sujet général». Dans son communiqué, le syndicat déplore une décision qui ne répond à aucune demande des personnels. La CFDT rappelle que les attentes sont davantage concentrées vers des financements supplémentaires et une meilleure organisation. Le syndicat a également renouvelé son appel à la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH.

Enfin, UNSA Education évoque une décision déconnectée des réalités du terrain avec des modalités qui restent floues et des zones d’ombres concernant sa mise en œuvre.

Refléter le niveau réel

Conjointement à cette annonce, Edouard Geffray a réannoncé une mesure concernant le diplôme national du Brevet. Celle-ci concerne l’abaissement du contrôle continu dans la note finale : il passe de 50 à 40 %. Le ministre a déclaré que l’objectif n’était pas de faire diminuer le taux de réussite mais d’avoir des résultats aux examens qui reflètent un niveau réel. Edouard Geffray ajoute également devoir la vérité aux élèves afin « de mieux se préparer en amont, et de travailler différemment en aval ».

Le SNES-FSU a réagi en faisant le lien sur ces deux annonces. Le syndicat fustige « une ligne politique qui consiste à organiser la fin de l’élévation générale des qualifications de la population ».