À Paris, les effectifs de 6e ont diminué de 9,8% depuis 2020. Image : Getty

Ce mardi 3 mars 2026, l’Institut des Politiques Publiques (IPP) a publié une note d’information intitulée « Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ? ». Celle-ci a été réalisée grâce aux données de l’Insee et du ministère de l’Éducation nationale. Selon les projections de l’étude : à Paris, un élève de 6e sur deux pourrait être scolarisé dans le privé d’ici 2035.

En effet, le nombre de naissances annuelles a diminué de 32 % entre 2010 et 2024. La baisse démographique entraîne, par conséquent, une baisse des enfants scolarisés. Dans la capitale, les effectifs de CP ont diminué de 19,5 % depuis 2016, et ceux de 6e de 9,8 % depuis 2020.

Des fermetures inégales

Les deux secteurs (publics et privés) ne subissent pas la baisse démographique de manière symétrique. Selon l’étude, les établissements publics « absorbent l’essentiel de la diminution ». Par conséquent, ces derniers ferment de plus en plus leurs portes. En revanche, les établissements privés parviennent à maintenir leurs effectifs.

Ceci est rendu possible grâce à la « saturation » de leurs capacités d’accueil ainsi que le maintien de leurs classes, mais également à une implantation historique forte dans la ville de Paris. Selon les auteurs de l’étude, il serait nécessaire « de répartir plus équitablement les fermetures entre les établissements publics et privés sous contrat ».

Enrayer la dynamique ségrégative

Selon l’étude, « ce déséquilibre contribue à renforcer la ségrégation sociale ». À Paris, en 2024, 55 % des élèves de 6e, issus de catégories sociales très favorisées, s’inscrivent dans le privé. Selon les projections de l’IPP, cette proportion pourrait atteindre 72 % en 2035. Une meilleure répartition des fermetures permettrait donc « d’enrayer la dynamique ségrégative ».

Un phénomène qui touche toute la France

Même si le phénomène est particulièrement marqué à Paris, il s’étend de plus en plus dans les zones rurales. Dans un article de France Info, s’appuyant sur des données du ministère de l’Éducation nationale, on apprend que 17 000 écoles publiques ont été fermées en France depuis 40 ans.

Bien que le nombre d’écoliers diminue (500 000 élèves en moins depuis 1996), la baisse démographique ne serait pas la seule cause des fermetures d’écoles. Rémi Rouault, professeur émérite de géographie à l’université de Caen, avance d’autres arguments. Pour lui, ces fermetures peuvent aussi être liées à une « désaffection des parents » pour l’école publique. Il dénonce également le manque d’entretien des bâtiments dû aux restrictions budgétaires. En septembre dernier, un rapport indiquait que 20 à 30 % des bâtiments scolaires seraient vétustes et inadaptés aux intempéries.

En 2024, en France, le secteur privé scolarisait 14% des élèves du premier degré et 21% des élèves du second degré (IPP). La majorité sont des établissements sous contrat avec l’État (93% dans le premier degré et 98% dans le second degré).