Des « dérogations » à l’interdiction du téléphone portable au lycée pourront être instaurées. Image : Getty

Quelques jours avant la rentrée de janvier 2025, Edouard Geffray est revenu sur l’interdiction des téléphones portables au lycée, confirmée mi-décembre par Emmanuel Macron. Dans un entretien à Ouest-France ce 3 janvier, le ministre de l’Education nationale a défendu la mesure, « à la portés symbolique forte » et a affirmé qu’une marge de manoeuvre sera laissée aux chefs d’établissements. Le gouvernement souhaite mettre le dispositif en œuvre dès la rentrée 2026.

« Le projet de loi est prêt »

Selon Edouard Geffray, « le projet de loi du gouvernement est prêt, de manière à ce que le Parlement puisse en être saisi dès le mois de janvier ». D’après franceinfo, ce projet comporte deux articles, l’un prévoyant l’interdiction des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, et l’autre interdisant l’utilisation des téléphones portables dans l’enceinte des lycées.

L’AEF, qui a pu consulter l’avant-projet de loi, indique que la présentation de ce dernier met en avant le « nombre croissant de menaces, dangers et risques d’atteintes au bien-être physique et mental des mineurs » induits par les usages numériques. Le texte a donc pour objectif de « protéger les générations à venir face à ces périls qui non seulement nuisent à l’épanouissement satisfaisant des adolescents dans leurs parcours vers l’âge adulte mais mettent également directement en danger la solidité de notre construction sociale, du partage de nos valeurs collectives et du devenir ensemble ».

Des adaptations par les chefs d’établissements

Le ministre de l’Education nationale a toutefois évoqué une possibilité de « dérogations » à ce projet de loi. Ainsi, « il y a par exemple des lycées dans lesquels le téléphone est nécessaire pour ‘biper’ à la cantine, a-t-il souligné. Il reviendra donc au chef d’établissement d’adapter les choses à la réalité des pratiques et des usages, via le règlement intérieur ».

Pour Olivier Beaufrère, proviseur et secrétaire national du SNPDEN-Unsa, « l’interdiction formelle est quasiment impossible à porter », puisque les lycéens peuvent sortir entre les cours. « Si c’est pour voir dans mon lycée, sur 1 500 élèves, 800 d’entre eux sortir pour pouvoir utiliser leur téléphone portable, ce n’est pas jouable », a-t-il souligné sur franceinfo ce 31 décembre. Selon lui, il faudrait plutôt « faire de l’éducation, expliquer les méfaits de l’écran et introduire des zones dans lesquelles on n’utilise pas le portable ».