La rentrée des classes 2020 est éprouvante pour la communauté éducative. Plusieurs difficultés se juxtaposent : manque de masques, de gel hydroalcoolique, classes surchargées, et premiers cas de contamination au sein des établissements.

Geneviève, professeure des écoles en maternelle avec plus de 20 ans d’ancienneté dans une classe de 26 MS/GS dans le Tarn, raconte ainsi sa journée du 1er septembre :

« Le plus compliqué pour l’accueil des enfants a été d’organiser le lavage régulier de leurs mains. Dans la partie du bâtiment où se situe ma classe, ainsi qu’une autre, il y a un point d’eau à hauteur d’enfant pour 52 élèves… La Mairie n’a pas entendu notre demande de travaux pour l’été. Nous avons donc passé un certain temps à mettre au point une organisation tout au long de la journée, ainsi que celle impliquant les parents à l’arrivée le matin, et à créer des affichettes et des fléchages. Les horaires d’accueil sont élargis jusqu’à nouvel ordre. Au final, nous avons eu la sensation de passer une très grande partie de la journée à faire laver les mains…
Pour que les nouveaux parents et les élèves aient l’occasion de nous voir sans masque, j’ai affiché les portraits souriants de mon ATSEM et de ma pomme sur la porte de la classe. Nous avons reçu 6 masques lavable par personne pour l’instant, ce qui nous a rassurées d’un point de vue écologique car nous avions été dotées de masques jetables au mois de juin. Les enfants ont été très compréhensifs malgré leur jeune âge quand je leur ai demandé de faire des efforts pour être silencieux·ses pendant le regroupement afin d’épargner ma voix. Il·elle·s ne semblaient pas particulièrement effrayé·e·s ou inquiet·e·s du fait de cet équipement. Un élève portait un masque à son arrivée et l’a quitté dans la matinée un peu comme il aurait rangé son doudou…
Une certaine fatigue se faisait déjà sentir en fin de matinée, et vers 16h j’ai commencé à ressentir une forme de malaise et à manquer de souffle. Je sais pourtant placer et porter ma voix depuis longtemps. A la fin de la journée de classe j’étais littéralement incapable d’assumer la moindre tâche supplémentaire. J’ai dû dormir 1h30 à mon retour avant de refaire surface et me suis excusée pour une réunion associative prévue ce soir-là. 
Je suis très inquiète quant à la suite et me demande vraiment comment je parviendrai à enchaîner deux journées de travail auprès des élèves. J’ai déjà renoncé à ma pratique du chant pour cette année au vu de mon état mardi soir…
De plus la température extérieure n’était pas très élevée ce jour-là, mais nous pouvons encore connaître des journées très chaudes dans la région en septembre/octobre. »

Joëlle, professeure de SVT, écrit sur twitter :

Toujours sur twitter, parmi nos followers, des enseignants s’alarment des classes bondées :

Du mauvais port du masque :

Du manque d’équipement fourni par l’Education nationale pour se protéger :

Manque de gel :

Manque de masques :

Les premiers cas de contamination dans les établissements sont déjà avérés, et les enseignants témoignent également des premières contaminations auxquelles ils sont confrontés :

Image d’accueil : Getty images