L’UNSA appelle les responsables politiques à entendre davantage celles et ceux qui font vivre quotidiennement le système éducatif. Image : Getty

« Écouter, comprendre et agir ». C’est autour de ces trois mots que l’UNSA Éducation a choisi de placer sa rentrée. Dans un message adressé mercredi 2 septembre aux personnels, la fédération syndicale leur souhaite une bonne année professionnelle, tout en appelant les responsables politiques à entendre davantage celles et ceux qui font vivre quotidiennement le système éducatif.

À quelques mois de l’élection présidentielle, alors que les propositions et les promesses sur l’École commencent à se multiplier, l’organisation syndicale entend remettre la parole des personnels au centre du débat. Près de 1,2 million d’agents travaillent dans l’éducation, pour 11,6 millions d’élèves.

Un baromètre qui témoigne d’un profond malaise

Pour étayer son constat, l’UNSA Éducation s’appuie notamment sur la 14e édition de son Baromètre des métiers. Plus de 43 000 personnels ont participé à cette enquête menée au printemps. Et les résultats traduisent un profond malaise : seuls 0,3 % des répondants se déclarent confiants dans l’avenir du système éducatif.

Près des deux tiers estiment par ailleurs que les réformes conduites depuis dix ans ne correspondent pas aux besoins du terrain et trois quarts des personnels interrogés se disent inquiets face aux possibles évolutions des politiques éducatives en 2027. Le pouvoir d’achat arrive en tête des attentes : 60 % des répondants le placent parmi leurs priorités. Le salaire est également devenu un sujet central, cité par 48 % des personnels lorsqu’ils pensent à leur travail.

« Entendre celles et ceux qui font vivre » l’éducation

Pour l’UNSA Éducation, ces résultats doivent servir d’avertissement. La fédération revendique une approche qui dépasse la seule situation des enseignants. Avec 23 syndicats, elle représente des dizaines de métiers dans les champs de l’éducation, de la recherche, de la jeunesse, du sport et de la culture. Une diversité qui lui permet, assure-t-elle, de porter un regard global sur les difficultés rencontrées par les personnels.

Son message est clair : avant d’imaginer de nouvelles réformes, il faut partir de la réalité vécue dans les établissements et les services. Conditions de travail, santé au travail et rémunérations figurent ainsi parmi les urgences mises en avant par l’organisation.

Cette inquiétude a également été portée publiquement par Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, sur France Culture, à l’occasion de la rentrée. Le syndicat redoute une année scolaire particulièrement « sombre » après plusieurs années de politiques jugées insuffisantes pour répondre aux difficultés du système éducatif.

Pour sa secrétaire générale, la défiance exprimée dans le baromètre témoigne d’un fossé grandissant entre les personnels et les politiques éducatives menées ces dernières années.

Une mobilisation intersyndicale le 29 septembre

Les revendications dépasseront le seul cadre de l’Éducation nationale à la fin du mois. Une journée nationale de mobilisation et de grève est prévue mardi 29 septembre, à l’appel des organisations syndicales représentatives de la fonction publique, parmi lesquelles l’UNSA.

L’intersyndicale dénonce l’absence de réponse suffisante du gouvernement à l’urgence salariale et à la perte d’attractivité des métiers publics. Elle réclame notamment une revalorisation générale des rémunérations, une évolution de la valeur du point d’indice, une refonte des grilles permettant de véritables progressions de carrière, ainsi que le rétablissement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat.

Les syndicats demandent également le maintien à 100 % de la rémunération des agents en congé maladie ordinaire, l’abrogation du jour de carence et de nouvelles avancées en matière d’égalité salariale entre les femmes et les hommes.