Les conseils de deux profs expérimentés pour bien débuter. Image : Getty

« Il faut dormir ». C’est le premier conseil de Florian, professeur d’histoire-géographie en collège depuis 16 ans. Derrière cette recommandation en apparence évidente se cache le souvenir d’une première année particulièrement éprouvante. « J’ai très peu dormi lors de mon année de stage. Je travaillais à temps plein, je dormais quatre heures par nuit », raconte-t-il.

À l’époque, le jeune enseignant découvre l’ampleur du travail qui l’attend. « On ne se rend vraiment pas compte de la masse de travail », reconnaît-il aujourd’hui. Aux nouveaux professeurs, il conseille donc d’anticiper et de préparer des cours pour chacun des niveaux dont ils auront la charge.

Mais pas au prix de leur équilibre. « Il faut être rigoureux, être professionnel, mais ne pas non plus se mettre une pression qui va nous empêcher d’avancer », insiste Florian. Lui avait vécu son année de stage « dans un stress total », avec une préoccupation en tête : sa titularisation. « J’étais obsédé par ça. Je pense que j’aurais pu davantage prendre du temps pour moi. »

S’appuyer sur les autres sans chercher à les copier

Avec le recul, Florian aurait également davantage sollicité son entourage professionnel. Son conseil aux débutants : ne pas rester seul face aux difficultés et « s’appuyer sur ses collègues, sur l’équipe ».

Une recommandation que partage Déborah, professeure des écoles en maternelle depuis 14 ans. Pour elle, les premières années sont aussi celles où l’on observe, où l’on teste et où l’on construit peu à peu sa manière d’enseigner.
« Quand on débute, il faut prendre un peu de tout. Et après, on fait sa propre sauce », résume-t-elle. Les conseils des collègues sont précieux, à condition de savoir progressivement faire le tri. « Il faut être à l’écoute de tout le monde pour pouvoir, par la suite, s’écouter aussi soi-même : qu’est-ce qu’on garde ? Qu’est-ce qu’on ne prend pas ? »

Et surtout, rappelle-t-elle aux nouveaux enseignants inquiets à l’approche du jour J : « Ça va bien se passer, tout le monde est dans le même panier. »

Les élèves aussi font leur rentrée

Pour Déborah, préparer une première journée ne consiste pas seulement à prévoir les activités qui vont s’enchaîner. En maternelle notamment, l’accueil et le climat de la classe sont essentiels.
Car si l’enseignant appréhende cette première rencontre, les enfants aussi peuvent être inquiets. « Eux aussi, c’est compliqué. Ils appréhendent de voir leurs camarades, une nouvelle maîtresse, une nouvelle classe », souligne-t-elle.

La professeure conseille de préparer « un petit planning de la journée » avec quelques étapes clairement identifiées. Des repères qui permettent au jeune enseignant de savoir où il va, sans pour autant chercher à tout contrôler.

« Il faut surtout que la classe soit bienveillante, que l’accueil soit bienveillant », insiste Déborah. D’autant que le temps file : « La première journée va passer très vite. » Son conseil est donc de prévoir quelques points auxquels se raccrocher, puis de profiter pleinement de ce premier contact avec les élèves.

En maternelle, l’ATSEM comme « binôme« 

Autre relation essentielle pour les professeurs des écoles qui découvrent la maternelle : celle avec l’ATSEM. Pour Déborah, il ne s’agit pas simplement d’une personne présente dans la classe, mais d’une véritable partenaire au quotidien.

« Une ATSEM, c’est un binôme. C’est un peu notre main droite », explique-t-elle. Même si les missions et les responsabilités diffèrent, la réussite de cette collaboration repose, selon elle, sur un principe simple : communiquer. Expliquer ce que l’on souhaite faire, échanger sur l’organisation de la classe, mais aussi écouter les envies et les réticences de l’ATSEM permettent de construire une relation de confiance. « Il faut vraiment qu’il y ait cette alchimie et, dans ce cas-là, ça se passe super bien », assure Déborah.

À l’approche de la rentrée du lundi 31 août, les deux enseignants expérimentés délivrent finalement un message commun aux débutants : préparer, écouter et anticiper, oui, mais sans vouloir réussir parfaitement dès le premier jour.