En 2025, la moitié des directeurs affirme avoir subi des insultes. Image : VNI. Conférence SE-UNSA.

Ce mardi 16 juin 2026, le SE-UNSA a présenté les résultats de son étude intitulée « Direction d’École : derrière les tensions avec les familles, une crise institutionnelle ». Afin d’obtenir un échantillon représentatif de l’école primaire publique, 2810 directeurs et directrices ont été interrogés. Pour une meilleure lecture des résultats, ces derniers ont été comparés à une étude similaire menée en 2013.

Selon le syndicat, l’objectif de cette étude n’était pas « d’opposer familles et établissements » mais de comprendre ce qui fragilise « une relation indispensable ».

Une confiance fragilisée

L’étude démontre en premier lieu une confiance qui se détériore. En 2025, 81% des directeurs d’école déclarent que les parents leur font confiance. Un chiffre qui semble correct mais qui reflète en réalité une dégradation de la relation puisqu’en 2013, ils étaient à 96%. En 2025, 8 directeurs sur 10 se sont retrouvés dans une situation conflictuelle avec un parent.

Des différends qui vont même jusqu’à la violence : la moitié des directeurs affirme avoir subi des insultes et 61% des menaces. Les agressions physiques ont, quant à elles, été multipliées par 3. Ces agressions sont majoritairement provoquées par des sanctions incomprises par les parents. Pour Georges Fotinos, auteur de l’étude, il s’agit d’un manque d’informations, « certains parents ne connaissent pas le règlement intérieur ».

En première ligne de ces agressions verbales et physiques se trouvent les enseignantes. 34 % des directeurs estiment que les enseignantes sont moins respectées que leurs collègues masculins.

Brandir le recours au privé

Au-delà des insultes et menaces se rajoutent de nouveaux sujets qui viennent également dégrader la relation. Par exemple, près d’un directeur sur deux affirme que le chantage des parents qui menacent de mettre leurs enfants dans un établissement privé se développe. Un chantage qui serait utilisé pour obtenir gain de cause sur certains sujets, par exemple le passage à une classe supérieure. Pour Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE‑UNSA, il s’agirait d’une « représentation » erronée des parents qui pensent que leurs enfants seront mieux pris en charge dans le privé.

Les parents seraient également de plus en plus exigeants : 45 % des directeurs affirment que le niveau d’exigence en matière d’informations numériques est devenu une source de tensions permanentes. Selon Georges Fotinos, « les parents souhaitent régulièrement, voir quasiment tous les jours, avoir des informations sur ce qui se passe à l’école ».

Une inclusion mal accompagnée

Un des autres enseignements majeurs de cette enquête concerne l’inclusion scolaire. Les résultats montrent que, dans les établissements où plus de 20% des élèves présentent des besoins éducatifs particuliers, seuls 47% des directeurs estiment bénéficier d’un climat scolaire excellent, contre 68% lorsque cette proportion est inférieure ou égale à 5%. Selon Johanna Cornou, référente direction d’école du SE-UNSA, « cela ne remet en aucun cas en cause l’inclusion à l’école, mais ça montre les effets d’une inclusion qui est mal accompagnée, faute de moyens ». Le SE-UNSA demande donc un accompagnement renforcé de l’inclusion et des personnels supplémentaires (AESH, Rased, médico-social).

Enfin, l’étude démontre un paradoxe : alors que les équipes s’investissent de plus en plus dans les relations avec les familles, les tensions augmentent. Une situation dont serait responsable l’institution qui en demanderait toujours plus sans donner de moyens humains, ni de temps aux équipes. Le syndicat souhaite donc une augmentation des décharges et un plan de formation pour les directeurs, afin qu’ils puissent se consacrer davantage à la relation avec les parents.