
Depuis l’annonce du recours à une loi de finances spéciale ce 23 décembre, les dizaines de milliers d’étudiants inscrits aux nouveaux concours enseignants 2026 à bac +3 se retrouvent dans l’incertitude. Faute d’accord sur le projet de loi de finances 2026 avant le 31 décembre, l’adoption de la loi spéciale permettra de reconduire les crédits 2025 pour assurer la continuité des dispositifs existants, mais pas de financer les nouvelles réformes, qui se retrouvent donc gelées. C’est le cas notamment de la réforme de la formation des enseignants, qui prévoyait de positionner les épreuves des concours à bac+3 au lieu de bac+5 actuellement.
« Le gouvernement fait tout son possible »
L’année 2026 devait être une année de transition entre les deux systèmes, avec l’organisation d’une double session : l’une ouverte aux bacs+3 et l’autre aux bacs+5. Si les traditionnels concours à bac+5 seront maintenus, rien n’est moins sûr pour la nouvelle session à bac+3.
Dans un entretien à Ouest-France ce 3 décembre, le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray souligne en effet que sans budget, « nous ne pouvons pas recruter les 8 000 étudiants prévus dans le cadre du nouveau concours au niveau de la 3e année de licence ». Mais tente toutefois de rassurer les candidats : « le gouvernement fait tout son possible pour qu’il y ait un budget et que le concours ait bien lieu ! »
Les candidats démotivés
Pas sûr que cela suffise à apaiser les appréhensions des candidats, à quelques mois des premières épreuves. « Ça fait déjà presque six mois que l’on prépare ce nouveau concours, que les enseignants se plient en quatre littéralement pour nous proposer des cours à la hauteur », déplore ainsi l’une d’elles sur franceinfo.
Un autre dénonce l’impact de la situation sur la motivation des candidats. « On a mis un petit peu en pause notre licence pour privilégier le concours. On se sent un peu perdus, on n’a pas d’informations. Il y a potentiellement de l’espoir, mais en fait, on n’y croit plus » explique-t-il.








C’est dévaloriser la formation des enseignants. Que pensent les enseignants qui ont fait un bac plus 5 ? Pourquoi ne décidez vous pas de porter le diplôme des médecins à 5 ans ?
C’est du grand n’importe quoi.
Que va valoir l’enseignement de nos enfants avec des professeurs sous formés. Au lieu de les payer comme il faudrait vous préférez diminuer la formation des enseignants pour justifier ces salaires minables. Prenez des leçons des pays autour des nous.
Je suis en master pour être enseignant, et ce n’est pas tout à fait ça. Le concours à bac + 3 permet d’obtenir le concours, mais le master reste obligatoire tout de même. Simplement, ce nouveau master dont le concours est obligatoire à bac + 3, permet de pouvoir former les futurs enseignants sur le terrain.
C’est un master en alternance, rémunéré, qui permet aux étudiants d’alterner entre cours et stage directement. Je pense, étant actuellement dans le master (non réformé) que c’est justement une excellente idée car on manque de pratique, on manque d’expérience, on a peu de stage, et à la fin des 5 ans d’études, on nous jette dans une école sans grandes connaissances pratiques.
Avec cette réforme, les étudiants sont titularisés à bac + 5, mais obtiennent le concours à bac + 3. Cela permet de rendre le master attractif, de recruter plus d’enseignants qu’avant, et surtout de former mieux, en apportant de l’expérience directement aux élèves.
Et je souligne que la présence de stagiaires dans les classes ne perturbe pas la progression des élèves. Les écoles affiliées aux stages à l’INSPE, sont très souvent des écoles dont l’objectif est de tester de nouvelles pédagogies, et surtout les enseignants sont formés explicitement à former eux mêmes les stagiaires tout en maintenant les cours correctement ! 🙂
Vous êtes très convainquant et ma fille recrutée au niveau MASTER il y a 5 ans partage votre point de vue. ( concours à l’époque très sélectif et rémunérations relativement acceptables : les enseignants recrutés à BAC+5 sont aujourd’hui rémunérés en moyenne 1000€ de moins/ mois que leurs collègues CAT A pourtant seulement recrutés à BAC+3)
Je ne peux cependant m’empêcher de penser que cette réforme a essentiellement pour but de justifier à moyen terme la dégradation scandaleuse de votre pouvoir d’achat et de vos conditions de travail ( affectations, mutations, , formation, reconnaissance. ..).
Il est d’ailleurs clairement exprimé que cette reforme vise à recruter dans le vivier traditionnel de cette profession ( classes moyennes et inférieure) : les étudiants de ces origines sociales ayant pu renoncer à poursuivre jusqu au MASTER car non rémunérés.
Pour avoir échangé avec des enseignants issus de ces milieux je peux vous dire ma sideration devant leur passivité, leur acceptation de leur conditions citées ci-dessus au motif notamment, je cite « qu ils côtoient des parents d’élèves payés au SMIC et qu en conséquence ils culpabiliseraient de se plaindre! »ou qu ils aiment leur travail .
L enseignement est comme chacun sait, » la plus belle des professions » .
Pourquoi voudriez en plus être rémunérés à la hauteur de vos années d étude et de votre tâche ( 52h de travail en moyenne/ semaine pour un PE, pour mémoire).
Pour être sincère, ma fille est passionnée par son travail , finance elle même nombre de ses formations et pourtant je ne pense pas qu’aujourd’hui elle se lancerait à nouveau dans cette aventure.
Les bons éléments je le crains, finiront par quitter le bateau alors que votre fonction est essentielle à la nation
En aparté, cela ne vous viendrait pas à l’idée, vous qui depuis 15 ans êtes recrutés à BAC+5, de demander au minimum que vos 2 années de MASTER soient prises en compte pour le calcul de votre retraite alors que ce sera le cas vos collègues qui seront issus de cette réforme puisque de plus ils auront été rémunérés les 2 dernières années. ?
Toujours en aparté, comment pouvez vous accepter que la valorisation de la rémunération destinée à attirer les candidats aux concours n’ait pas été répercutée sur les milieux de carrière ie sur vous ( et tous vos collègues recrutés au niveau MASTER)?.
Si vous ne réagissez pas à cette maltraitance pour vous même, faites le pour votre profession car au nom de ce sacerdoce que vous exercez , et en acceptant que ce beau métier en soit réellement devenu un, c’est l avenir de notre éducation et en conséquence de notre nation qui se joue
Je rejoins la personne ci-dessus : pourquoi n’applique t on pas ces réformes aux études de médecine?
Il est vrai que la plupart des étudiants en médecine sont originaires des milieux CSP+ et que dès qu on s attaque au moindre de leurs privilèges ils crient au scandale.
Je ne suis pas du tout de cet avis, la plupart de mes professeurs n avaient que le bac, et dieu sait s il nous ont tout appris! Il est vrai que c était un autre temps où nous ne faisions pas une faute d orthographe et savions compter en entrant au collège ! Mes propos n engagent que moi bien sûr !
Bonjour Madame,
C’était évidemment mieux avant…
De mon temps c’était même au niveau du BEPC comme on l appelait à mon époque ( j ‘ai 68 ans) .
Certes je fais peu de fautes d’orthographe et je me débrouille pas mal en calcul.
Ayant toutefois fait également des études supérieures , ayant des petits enfants scolarisés en école maternelle et primaire et enfin une fille professeure des écoles depuis 15 ans , je pense être légitime pour vous confirmer que le niveau MASTER est totalement justifié compte tenu de la complexité de ce métier .
Le public n est plus le même que celui de mon ( votre) enfance ( enfants mais aussi parents( les problématiques ont évolué.
Personne ne nie que ce qu on nomme les fondamentaux sont indispensables à maîtriser mais au delà, des tâche bien plus ardues et complexes doivent être maîtrisées par les enseignants, tâches qui nécessitent, formation, psychologie, réflexion, je citerai parmi elles :
-Apprendre aux enfants à décrypter l information ( discerner le vrai du faux)
-Développer leur esprit critique
– Expliquer la laïcité
– Apprendre le vivre ensemble
Et je ne parle pas ici de la relation aux parents , qui eux aussi sont les interlocuteurs des enseignants et ce n’est pas la moindre de leurs tâches ( familles recomposées, public instruit , public adepte des réseaux sociaux, public aussi beaucoup moins respectueux du corps enseignant qu’à notre époque…).
Pensez vous sérieusement qu il suffise pour être un « bon citoyen », de ne pas faire de faire de fautes d orthographe et de se débrouiller en calcul à l entrée au collège ?
On attend tout des enseignants et on recrute aujourd’hui des contractuels faute de candidats aux concours parceque le métier à été totalement dévalorisé .
Il en va de l avenir de notre nation et vous ne voyez pas l intérêt de valoriser leur formation!!
Madame, avec tout le respect que je vous dois, je pense que vous êtes totalement » à côté de la plaque «
C’était évidemment mieux avant
Comme chacun sait, il suffit pour être un » bon citoyen » de savoir lire et écrire .
Idem pour celui qui n’a pour charge que de transmettre ce savoir
Je pense qu’il y a une incompréhension de la réforme de votre part. La réforme c’est le concours en bac +3 mais avec derrière l’obligation de faire un master sinon le concours est invalidé. Cela permet aux étudiants d’être fonctionnaires stagiaires en bac +4 et bac +5. Si l’étudiant a le concours et s’arrête au bac +3, son concours n’est pas valide.
Il n y a pas incompréhension et pour connaître ma position je vous invite à lire la réponse que j aidaite à Valentin
Merci à vous
Entièrement d’accord avec vous
Si ce n est le but recherché ( et ça l’est à mon avis: cf ma réponse à Valentin) ce sera le résultat
Vous n’avez rien compris… Le recrutement se ferait à bac+3, mais le master est toujours a suivre ensuite, donc le niveau de formation serait bien le même… A savoir bac + 5.
Plutôt que de vociférer, …