La nouvelle session des concours enseignants à bac+3 pourrait être compromise faute d’accord sur le projet de loi de finances 2026. Image : Getty

Article publié le 6 janvier 2025, mis à jour le 20 janvier

Depuis l’annonce du recours à une loi de finances spéciale ce 23 décembre, les dizaines de milliers d’étudiants inscrits aux nouveaux concours enseignants 2026 à bac +3 se retrouvent dans l’incertitude. Faute d’accord sur le projet de loi de finances 2026 avant le 31 décembre, l’adoption de la loi spéciale permettra de reconduire les crédits 2025 pour assurer la continuité des dispositifs existants, mais pas de financer les nouvelles réformes, qui se retrouvent donc gelées. C’est le cas notamment de la réforme de la formation des enseignants, qui prévoyait de positionner les épreuves des concours à bac+3 au lieu de bac+5 actuellement.

« Le gouvernement fait tout son possible »

L’année 2026 devait être une année de transition entre les deux systèmes, avec l’organisation d’une double session : l’une ouverte aux bacs+3 et l’autre aux bacs+5. Si les traditionnels concours à bac+5 seront maintenus, rien n’est moins sûr pour la nouvelle session à bac+3.

Dans un entretien à Ouest-France daté du 3 décembre, le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray soulignait en effet que sans budget, « nous ne pouvons pas recruter les 8 000 étudiants prévus dans le cadre du nouveau concours au niveau de la 3e année de licence ». Mais tentait toutefois de rassurer les candidats : « le gouvernement fait tout son possible pour qu’il y ait un budget et que le concours ait bien lieu ! »

Ce 17 janvier, au micro de BFMtv, le ministre reconnaît être « dans une situation un peu embêtante », car il n’est « pas certain » de pouvoir organiser le concours, si le budget n’est pas voté d’ici mars. Pourtant, assure-t-il, « les salles sont réservées, les sujets sont prêts, les surveillants sont recrutés ».

Les candidats démotivés

A quelques mois des premières épreuves, l’inquiétude monte pour les candidats. « Ça fait déjà presque six mois que l’on prépare ce nouveau concours, que les enseignants se plient en quatre littéralement pour nous proposer des cours à la hauteur », déplore ainsi l’une d’elles sur franceinfo.

Un autre dénonce l’impact de la situation sur la motivation des candidats. « On a mis un petit peu en pause notre licence pour privilégier le concours. On se sent un peu perdus, on n’a pas d’informations. Il y a potentiellement de l’espoir, mais en fait, on n’y croit plus » explique-t-il.

Des étudiantes et étudiants « déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude »

Dans un communiqué publié mi-janvier, une intersyndicale dénonce une situation « inacceptable, surtout lorsqu’elle est provoquée par un gouvernement qui prétend restaurer ‘l’attractivité du métier' ». Elle estime qu’il « faut arrêter de jouer avec l’avenir des étudiant·es et des personnels, et la charge de travail des personnels, déjà malmené·es par le rythme de cette réforme qui ne cesse de se complexifier ». En effet, ces derniers sont « déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude au moment où au contraire il faudrait qu’ils et elles puissent travailler en toute sérénité ».

L’intersyndicale demande donc au gouvernement de « prendre ses responsabilités pour garantir l’avenir de ces étudiant·es », qui « ne doivent pas pâtir de ce contexte ».