Le ministre a réaffirmé sa « confiance absolue » envers les personnels de l’Éducation nationale. Image : Getty

Les résultats de l’enquête PISA 2025, dévoilés par l’OCDE mardi 8 septembre 2026, ont confirmé le recul des performances des élèves français de 15 ans. Pour Édouard Geffray, ces résultats « préoccupants » obligent le système scolaire à se remettre en question. Mais il refuse de s’en prendre aux équipes pédagogiques.

« Non, ils ne doivent pas travailler plus »

Interrogé en direct sur RMC, le ministre a défendu les conditions de travail des professeurs. « Non, ils ne doivent pas travailler plus » a-t-il déclaré. Il met plutôt l’accent sur l’autonomie des établissements et sur des objectifs d’apprentissage plus clairs. Il refuse ainsi que la baisse du niveau scolaire se traduise par une charge supplémentaire pour les enseignants.

Le ministre réaffirme au contraire sa « confiance absolue » envers les personnels de l’Éducation nationale.

Une génération  » plus distraite  » ?

Selon lui, la baisse des résultats dépend de plusieurs facteurs. Édouard Geffray pointe notamment l’évolution de l’environnement des adolescents. Il cible les écrans et les réseaux sociaux, qu’il qualifie d’« arme de destruction intellectuelle massive ». Il évoque également « la diminution de l’investissement des parents dans la scolarité ». Seulement 49 % des adolescents français déclarent qu’au moins un de leurs parents s’intéresse à leurs cours au minimum une fois par semaine. En 2022, ils étaient 63 %. L’étude PISA établit un lien clair : moins les parents s’investissent dans la scolarité, plus les résultats de leurs enfants reculent.

Mettre fin au « concours Lépine des réformes« 

Édouard Geffray veut désormais installer une période de stabilité dans l’Éducation nationale. Plutôt que d’enchaîner les nouvelles mesures qu’il compare au concours Lépine, le ministre souhaite laisser aux équipes éducatives le temps de mettre en œuvre et d’évaluer celles qui ont déjà été engagées. Il dénonce ainsi une forme de « réformite permanente », marquée par une succession de changements qui ne laisse pas suffisamment de temps aux enseignants pour s’approprier les dispositifs.

Le collège comme « grand chantier »

La priorité du ministre se tourne notamment vers le collège. « On aurait dû s’interroger plus tôt sur les mesures à prendre pour le collège. Cela devra être le grand chantier du prochain quinquennat afin de permettre aux enseignants de mettre en œuvre les pratiques pédagogiques les plus efficaces », déclare-t-il.

Il souhaite également « augmenter de 50 %, d’ici cinq ans, les heures d’autonomie accordées aux collèges ». Cette autonomie doit permettre « de renforcer le soutien aux élèves en difficulté », de « diversifier l’offre » et d’« ouvrir davantage de possibilités à tous les élèves ».

Davantage de liberté aux enseignants

Il souhaite ainsi donner davantage de liberté aux enseignants dans la mise en œuvre de leurs pratiques. Il leur adresse directement ce message : « il faut desserrer les contraintes vous savez ce que vous avez à faire allez-y ». Cela passe par le renforcement de la formation des enseignants. Il souhaite également mieux accompagner les familles. Chaque famille recevra, après les vacances de la Toussaint, un document détaillant les apprentissages prévus pour l’année scolaire.

« Cette génération n’est pas plus bête, elle est plus distraite », a résumé le ministre pour illustrer la rupture éducative liée au numérique. Pour le locataire de la rue de Grenelle, l’enjeu est désormais de relever le niveau d’exigence scolaire.