L‘association Les Femmes de l’Éducation avec l’AFDESRI organisait un petit-déjeuner ce mercredi 18 mars avec Brigitte Grésy. Tour d’horizon. Image : Getty

L‘association Les Femmes de l’Éducation avec l’AFDESRI organisait un petit-déjeuner ce matin avec Brigitte Grésy, agrégée de grammaire et énarque, ancienne membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et ancienne Secrétaire Générale du Conseil supérieur à l’égalité professionnelle.

Pour rappel, l’association a été créée en 2023, compte plus d’une centaine d’adhérents, et est aujourd’hui présidée, depuis février 2026, par Sandrine Bodin, directrice académique des services de l’Éducation nationale du Maine-et-Loire dans l’Académie de Nantes. Elle succède à Emmanuelle Compagnon . L’objectif de Femmes de l’Éducation est d’accompagner les femmes dans l’accès aux fonctions de haut encadrement dans l’Education nationale et d’agir pour l’égalité professionnelle.

Lors du petit-déjeuner de ce mercredi 18 mars, Brigitte Grésy a redéfini clairement les notions d’égalité, de parité, et le danger que représente aujourd’hui la montée du masculinisme.

Egalité et parité

Brigitte Grésy est autrice d’un rapport sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, publié en 2009, qui a permis une prise de conscience au niveau des élus et des médias. L’égalité repose sur une égalité salariale bien sûr mais pas uniquement : la mise en place des quotas s’avère efficace. Cependant alerte-t-elle, cette dernière s’arrête encore trop souvent aux portes du pouvoir. Enfin, l’égalité doit aussi s’appuyer sur une réelle politique d’organisation et d’aménagement du temps de travail. Elle insiste sur la nécessité de prendre en compte ce qu’elle appelle « la santé reproductive » : règles, grossesse, ménopause… Attention, prendre en compte ne veut pas dire tomber dans des excès de congés dédiés pour ceci ou pour cela. Mais bien envisager, sur certaines périodes, des aménagements du temps de travail.

Sexisme et montée du masculinisme

Brigitte Grésy est revenue sur le sexisme, malheureusement encore trop présent. C’est une idéologie, des propos et des actes qui disqualifient les femmes, les dévalorisent et les mettent en souffrance. Le sexisme est aujourd’hui généralement insidieux : il repose le plus souvent sur une subtile dévalorisation, une subtile disqualification. Brigitte Grésy a d’ailleurs écrit à ce sujet en 2009 Petit Traité contre le sexisme ordinaire .

Ce sexisme aujourd’hui a changé de figure avec la montée du masculinisme. Le masculinisme le fait resurgir de façon violente et refuse tout rééquilibrage fondé sur le respect. La Fonction Publique est encore relativement préservée de ces discours agressifs. Il faut combattre ce masculinisme, c’est une cause majeure, comme le combat contre le racisme, insiste Brigitte Grésy.

Une nouvelle directive européenne

Un élément positif : une nouvelle directive européenne concernant la transparence salariale est en cours d’élaboration. Pour qu’elle ait un réel impact, Brigitte Grésy insiste à nouveau sur le fait que la directive ne doit pas se focaliser uniquement sur le sujet des rémunérations. La directive devrait par exemple prendre en compte la pénibilité et le risque pour la santé de métiers « dits féminins » tels que l’aide aux personnes âgées ou le ménage. La directive devrait mentionner en effet pour ces métiers les risques tels que porter des charges (aider à se déplacer une personne âgée en fauteuil) ou inhaler des produits toxiques (dans le ménage).

Enfin, globalement, pour une réelle égalité, la parentalité doit être au sein de l’agenda social : c’est un sujet central. C’est la clé d’un nouveau narratif.