La dixième rentrée de l’ère Macron « ne permet pas de dresser un bilan enthousiasmant ». Image : VousNousIls

Deux ans après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, annoncés comme « Grande Cause Nationale » en 2024 par le Président Emmanuel Macron, le syndicat ne voit pas les promesses se concrétiser. Lors de leur conférence de presse de rentrée mardi 22 septembre, Coralie Benech et Fabrice Allain, co-secrétaires généraux du SNEP-FSU, ont dressé un bilan critique de l’EPS. Le sport scolaire et les conditions de travail étaient également à l’ordre du jour. Pour le syndicat, la dixième rentrée de l’ère Macron « ne permet pas de dresser un bilan enthousiasmant ».

1 245 postes d’EPS supprimés depuis 2017

Le SNEP-FSU recense « 1 245 suppressions de postes d’enseignants d’EPS depuis 2017 ». « Depuis la rentrée 2026, 20 000 élèves n’ont pas eu d’EPS et 1 572 heures hebdomadaires ne sont pas assurées », selon son état des lieux. Pourtant, « en EPS, on ne peut pas dire qu’on manque de candidats » ironise le syndicat. « Le recours aux contractuels est passé de 491 en 2017 à 1 300 en 2025 soit une hausse de 165 % ».

Classes chargées et équipements insuffisants

Plus de 85 % des collèges auraient des classes de plus de 26 élèves, contre 20,7 en moyenne européenne. Le syndicat souligne que l’EPS nécessite effectifs, espaces et matériel adaptés. « Les gymnases et équipements sportifs constituent nos salles de classe ». Selon son « enquête flash climat », le SNEP-FSU a recensé, lors des épisodes caniculaires, que 40 % des cours ont été annulés. 30 % des installations n’ont pas de points d’eau et 75 % des installations extérieures n’ont pas d’ombre. Le syndicat réclame ainsi la rénovation des infrastructures sportives. « En 2009, la Cour des Comptes évaluait à 21 milliards d’euros le coût des rénovations et leurs mises en norme ». Il revendique aussi la construction de 200 piscines et 600 gymnases par an pendant cinq ans, financés à 50 % par l’État et le reste par les collectivités.

La natation, symbole des inégalités scolaires

Par ailleurs, 14 % des collégiens ne bénéficient d’aucun enseignement de natation. Le taux de réussite à l’attestation du « savoir-nager » est de 71,1 % en REP, 62,6 % en REP+ et 85,7 % hors éducation prioritaire. « À un moment donné, il ne s’agit pas de multiplier les tests, les thermomètres, puisqu’on a déjà les chiffres, mais c’est comment on répond à tous ces constats et comment on propose des solutions », résume le syndicat qui réclame la construction de 1 000 piscines en cinq ans.

Le SNEP-FSU critique la politique ministérielle

Le syndicat conteste la mise en place des deux heures de sport au collège, de l’activité physique quotidienne et des tests de condition physique. En effet, « l’école pourrait déjà mieux appliquer les horaires d’EPS existants ». Le SNEP-FSU demande quatre heures hebdomadaires d’EPS et le renforcement de l’EPS plutôt que la multiplication de dispositifs parallèles. « Il faut développer les dispositifs qui marchent comme les sections sportives dans les établissements scolaires », a souligné le syndicat. Il cite aussi l’EPPCS (Éducation Physique, Pratiques et Culture Sportives), spécialité associant pratique sportive, analyse de la performance et réflexion sur les enjeux du sport, choisie par seulement 1,3 % des élèves de terminale générale à la rentrée 2024.

« L’école est le lieu qui touche toute une génération », insiste-t-il. « L’EPS doit garantir à tous une culture physique et sportive, indépendamment des possibilités de pratiquer hors de l’école ».

Le sport scolaire fragilisé

Le SNEP-FSU dénonce enfin la perte de valeur de la subvention de l’UNSS malgré ses 1,2 millions de licenciés, première fédération sportive des moins de 18 ans. L’inflation et une nouvelle baisse de 300 000 euros n’aident pas à calmer les tensions. La diminution de recrutement des enseignants affecte les associations sportives. « Un professeur assure une animation et son fonctionnement. Un en moins c’est une section perdue ». Il demande davantage de moyens pour l’UNSS et la préservation du mercredi après-midi.

Quel héritage après les Jeux Olympiques ?

Deux ans après Paris 2024, le SNEP-FSU estime que la « grande cause nationale » n’a pas produit les effets attendus dans l’Éducation nationale. Ses revendications? Quatre heures d’EPS, davantage d’enseignants, moins d’élèves par classe, des équipements rénovés et construits, un sport scolaire renforcé et 1 % du budget de l’État consacré au sport, contre 0,15 % aujourd’hui. « L’éducation et l’éducation physique et sportive, ce n’est pas un coût, c’est un investissement pour l’avenir, pour les jeunes », affirment les deux co-secrétaires. Le SNEP-FSU entend porter ces revendications lors de la mobilisation du 29 septembre.