
« Comment faire avec rien ? » : voici comment s’intitulait la conférence de rentrée du SNPDEN. Un titre qui, selon Bruno Bobkiewicz, secrétaire général SNPDEN (syndicat national des personnels de direction de l’Education nationale), illustre la situation d’une Éducation nationale qui demande toujours plus alors que se réduisent les moyens humains, les crédits disponibles et la visibilité pour piloter.
Ce jeudi 10 septembre, le syndicat dévoilait les résultats de son enquête de rentrée : au total, 2330 réponses ont été recueillies. Le point sur lequel les personnels de direction s’avèrent être le moins satisfait est «la gestion des remplacements de longue durée». Un point d’insatisfaction qui, selon Bruno Bobkiewicz, est en dégradation permanente.
Un sentiment de trahison
En cette rentrée, les chefs d’établissement reprochent des engagements non tenus par le ministère. Ils constatent des dotations bien inférieures à l’année passée. Alors que l’État avait promis le report des budgets non dépensés du Pass Culture, il a finalement annulé ce dispositif, supprimant plus de 10 millions d’euros. Cette décision surprise force les écoles à abandonner de nombreux projets et sorties artistiques déjà préparés avec les élèves.
Ce manque de financement touche aussi d’autres dispositifs clés, comme l’aide aux devoirs ou le remplacement des enseignants. Les budgets du « Pacte » subissent par ailleurs une baisse de 50 %, plongeant les collèges et lycées dans le flou pour le reste de l’année. Pour le SNPDEN, cette «gestion à vue» rend impossible le pilotage des établissements scolaires.
Des absences non marginales
Alors qu’Edouard Geffray avait promis des absences extrêmement marginales, le SNPDEN vient tirer la sonnette d’alarme. La réalité semble être toute autre. Selon leur enquête, il manque au moins un professeur dans près de 65% des établissements. La situation s’aggrave dans 40 % d’entre eux, où le déficit est d’un enseignant ou plus. Le SNPDEN n’est pas le seul à tirer ce bilan, le SNES-FSU et plus récemment, l’enquête PISA ont confirmé le phénomène.
D’autant que, comme syndicat le précise, la question ne se limite pas seulement aux enseignants. Bruno Bobkiewicz met le doigt sur une autre problématique « un professeur absent, nous ne le remplacerons pas nous-mêmes, en revanche l’absence d’un CPE ou de n’importe quel autre agent administratif aura un impact direct sur notre métier ».
« De mauvaise humeur numérique »
Durant l’été, un sujet a retenu l’attention de la communauté éducative : les cyberattaques visant les bases de données de l’Éducation nationale. Les chefs d’établissement avaient exprimé leur colère quant à l’absence de communication et de protection des agents. Cela se ressent donc dans l’enquête de rentrée, un grand nombre se dit agacé concernant « l’humeur numérique ». Un agacement probablement renforcé par les divers problèmes sur les plateformes et messageries enseignantes.
L’interdiction du téléphone portable, mesure phare de cette rentrée, a également été évoquée. Bien qu’approuvée par une majorité de répondants (24% des établissements l’ont déjà inscrite dans leur règlement intérieur), certains se montrent réticents sur certains points. Ils déclarent être contre le principe de l’interdiction « en toute heure en tout lieu ». Premièrement, pour des raisons de sécurité, car cela pousserait les élèves à sortir devant l’établissement. Deuxièmement, car son usage est devenu pratiquement indispensable, que ce soit pour les élèves ou les personnels. 80 à 90 % des élèves se connectent de façon quotidienne à Pronote.








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