Au lycée, les téléphones portables seront interdits dans les classes et couloirs, mais pourront toujours être utilisés dans la cour de récréation. Image : Getty

Une « étape majeure » pour Emmanuel Macron : l’Assemblée nationale a adopté ce lundi 26 janvier la proposition de loi sur l’interdiction de l’usage du téléphone au sein des lycées, prévue pour entrer en vigueur à la rentrée prochaine. Toutefois, le texte a légèrement été amendé en séance par les députés : l’usage du téléphone portable restera autorisé dans une zone bien définie de l’établissement.

Les téléphones interdits en cours et dans les couloirs

Ce sont les règlements intérieurs des établissements qui fixeront « les lieux et les conditions d’utilisation » des téléphones, indique ainsi le Parisien. Cependant, par défaut, l’usage des smartphones sera interdit « pendant les cours, sauf demande explicite de l’enseignant », « dans les couloirs », mais autorisé « dans une zone définie de la cour », précise l’AEF.

Pour les députés à l’origine de l’amendement, l’interdiction totale de l’utilisation des téléphones semblait « démesurée au regard des comportements et des besoins des élèves de cet âge ». Ils souhaitaient également éviter que les jeunes sortent de l’établissement pour pouvoir utiliser leur portable.

Un « décalage avec la réalité des lycées »

Une crainte qu’avait notamment exprimée Olivier Beaufrère, proviseur et secrétaire national du SNPDEN-Unsa, fin décembre 2025. « Si c’est pour voir dans mon lycée, sur 1 500 élèves, 800 d’entre eux sortir pour pouvoir utiliser leur téléphone portable, ce n’est pas jouable », avait-il estimé sur franceinfo. Après l’adoption de l’amendement, le proviseur ironise : « Tel que le texte est présenté, ce n’est pas impossible à mettre en œuvre mais on revient pratiquement à ce qui existait avant. Donc j’ai envie de dire : tout ça pour ça ».

Dans un communiqué, le SE-Unsa, lui, estime que cette action ministérielle montre « le décalage avec la réalité des lycées généraux, technologiques et professionnels et la méconnaissance du concept de ‘vie scolaire’ ». Il rappelle « que les vies scolaires manquent cruellement de moyens pour répondre à l’ensemble des missions quotidiennes », qu’elles « sont en souffrance par manque de moyens et de formations », et qu’elles « sont devenues responsables et en charge de tout : harcèlement, écologie, santé mentale… ». Il souligne qu’« il ne sera pas faisable de demander plus, et encore moins de demander l’irréalisable ».

La proposition de loi modifiée sera prochainement examinée par le Sénat.