
En lycée professionnel, l’année scolaire ne s’arrête pas vraiment avec la dernière sonnerie. Les examens, les stages, les relations avec les entreprises prolongent souvent le travail bien au-delà de la fin des cours. Certains coupent totalement, d’autres gardent un pied dans leur activité, par choix ou par nécessité.
Pour Claire, enseignante en BTS Conseil et Commercialisation de Solutions Techniques en Haute-Savoie, l’été est d’abord consacré aux proches. « Je pars dans le Sud-Ouest et le Périgord pendant quinze jours en famille, puis je terminerai les vacances en Savoie chez mes parents. J’ai également gardé mes petites nièces de 7 et 10 ans au début du mois de juillet », déclare-t-elle.
L’année scolaire 2026-2027 sera sa dernière. A l’approche de la retraite, elle parvient à mieux décrocher. « J’arrive à couper à partir de la mi-juillet. Avant, nous préparons le planning de l’année scolaire à venir et lançons les démarches pour les projets prévus. »
Même pendant cette parenthèse estivale, elle reste en lien avec les futurs étudiants de BTS pour répondre à leurs questions sur le logement, la rentrée ou les stages. Certaines entreprises la sollicitent aussi pendant l’été. Des vacances agréables mais en restant toujours à l’écoute et réactive si besoin.
Découvrir les richesses culturelles de sa région
Émilie est pour sa part enseignante en administration, économie, gestion et droit dans un lycée professionnel du Val-de-Marne. Ses vacances commencent dès la fin des épreuves du baccalauréat par un séjour de trois semaines dans le sud de la France, dans la maison familiale. Au programme : baignades, ateliers créatifs avec ses enfants, balades et lectures. « Cette année, je lis « Les Dents de la mer », à l’occasion des 50 ans de la sortie du film », confie-t-elle. Chaque été comporte aussi sa sortie culturelle et est l’occasion de découvrir les trésors de sa propre région. « Après les bateaux-mouches, la tour Eiffel, les catacombes et Versailles, cette année ce sera l’Arc de Triomphe. Nous faisons aussi régulièrement un parc animalier en participant à l’activité « soigneur d’un jour » », ajoute-t-elle.
Quant au mois d’août, il marque progressivement le retour aux préoccupations professionnelles. Émilie commence déjà à réfléchir à sa progression et aux séquences qu’elle va proposer. En parallèle, elle parcourt LinkedIn pour trouver des idées d’ateliers et développer son réseau avec d’autres enseignants.
Changer d’air pour mieux revenir
Pour certains, l’été est une période propice aux grands voyages. Pour Ndiol, professeur d’anglais en lycée professionnel, c’est même un retour aux sources. Avant de retrouver les élèves en septembre, après deux années consacrées au métier d’éducateur spécialisé, il s’envole pour le Sénégal. « Je vais rendre visite à mes parents et à mes amis d’enfance, surtout aller à la plage. C’est un moment important pour moi, qui me permet de retrouver mes proches, de changer d’environnement, de me ressourcer après une année bien remplie… et de manger du bon thiéboudienne ! », glisse-t-il.
Ces deux mois lui permettent aussi de continuer à apprendre et à se cultiver notamment à travers ses lectures. « Je vais lire quelques ouvrages sur l’autisme, notamment « NeuroTribes » de Steve Silberman, car ce sujet m’intéresse beaucoup. J’ai encore ma casquette d’éducateur spécialisé », reconnaît-il.
Des vacances qui n’en sont pas toujours
Bruno, enseignant en logistique et transport dans le Var, vit un été un peu particulier : il prend sa retraite de l’Éducation nationale. Pourtant, il ne raccroche pas complètement. « Je continue à coordonner un BTS en apprentissage que nous avons créé il y a trois ans. Cette mission, je l’assure toute l’année, y compris l’été. »
Dans les disciplines professionnelles, les référentiels changent, les pratiques évoluent, notamment avec l’intelligence artificielle. Il faut constamment actualiser ses connaissances et remettre les cours à jour. Bruno sera soulagé d’une partie de ses missions. Mais le suivi des alternants, les échanges avec les entreprises et le CFA ou encore les démarches administratives occupent encore une bonne partie de son mois de juillet. « Cela représente facilement deux ou trois heures de travail par jour. Le rythme est différent, je suis à la maison, mais il faut rester disponible. Demain, par exemple, je vais faire 150 kilomètres pour rendre visite à un alternant. Un autre souhaite quitter son entreprise : il faut gérer les démarches administratives, les appels, les mails… Ce n’est pas du présentiel devant les élèves, mais ça prend du temps », admet-il. Avec ses collègues, il a une quinzaine d’alternants répartis sur plusieurs départements, entre les Alpes-Maritimes, le Var et parfois les Alpes-de-Haute-Provence. Selon lui, cette réalité est souvent méconnue. « En lycée professionnel, la fatigue est aussi mentale. Il y a le suivi des stages en entreprise, les visites, les comptes rendus, les appels… Tout cela s’ajoute aux cours. C’est une charge que les gens ne voient pas toujours. Ce qui nous fait tenir, ce sont les élèves. Quand on voit un jeune passer d’un CAP à un BTS, puis poursuivre en licence, on se dit qu’on a servi à quelque chose », commente-t-il.
Le mois d’août est généralement plus tranquille mais Bruno habite près de Saint-Tropez et c’est la période d’effervescence sur la Côte. « On pourrait croire que je suis en vacances toute l’année. En réalité, l’été, il y a tellement de monde qu’on profite assez peu de la région. On préfère souvent partir hors saison, en octobre, quand tout est plus calme », confie-t-il.
Cette pause estivale est malgré tout bienvenue pour revenir, en septembre, avec l’énergie nécessaire pour accompagner une nouvelle promotion d’élèves.








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