La nouvelle session des concours enseignants à bac+3 pourrait être compromise faute d’accord sur le projet de loi de finances 2026. Image : Getty

Article publié le 6 janvier 2025, mis à jour le 15 janvier

Depuis l’annonce du recours à une loi de finances spéciale ce 23 décembre, les dizaines de milliers d’étudiants inscrits aux nouveaux concours enseignants 2026 à bac +3 se retrouvent dans l’incertitude. Faute d’accord sur le projet de loi de finances 2026 avant le 31 décembre, l’adoption de la loi spéciale permettra de reconduire les crédits 2025 pour assurer la continuité des dispositifs existants, mais pas de financer les nouvelles réformes, qui se retrouvent donc gelées. C’est le cas notamment de la réforme de la formation des enseignants, qui prévoyait de positionner les épreuves des concours à bac+3 au lieu de bac+5 actuellement.

« Le gouvernement fait tout son possible »

L’année 2026 devait être une année de transition entre les deux systèmes, avec l’organisation d’une double session : l’une ouverte aux bacs+3 et l’autre aux bacs+5. Si les traditionnels concours à bac+5 seront maintenus, rien n’est moins sûr pour la nouvelle session à bac+3.

Dans un entretien à Ouest-France ce 3 décembre, le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray souligne en effet que sans budget, « nous ne pouvons pas recruter les 8 000 étudiants prévus dans le cadre du nouveau concours au niveau de la 3e année de licence ». Mais tente toutefois de rassurer les candidats : « le gouvernement fait tout son possible pour qu’il y ait un budget et que le concours ait bien lieu ! »

Les candidats démotivés

Pas sûr que cela suffise à apaiser les appréhensions des candidats, à quelques mois des premières épreuves. « Ça fait déjà presque six mois que l’on prépare ce nouveau concours, que les enseignants se plient en quatre littéralement pour nous proposer des cours à la hauteur », déplore ainsi l’une d’elles sur franceinfo.

Un autre dénonce l’impact de la situation sur la motivation des candidats. « On a mis un petit peu en pause notre licence pour privilégier le concours. On se sent un peu perdus, on n’a pas d’informations. Il y a potentiellement de l’espoir, mais en fait, on n’y croit plus » explique-t-il.

Des étudiantes et étudiants « déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude »

Dans un communiqué publié mi-janvier, une intersyndicale dénonce une situation « inacceptable, surtout lorsqu’elle est provoquée par un gouvernement qui prétend restaurer ‘l’attractivité du métier' ». Elle estime qu’il « faut arrêter de jouer avec l’avenir des étudiant·es et des personnels, et la charge de travail des personnels, déjà malmené·es par le rythme de cette réforme qui ne cesse de se complexifier ». En effet, ces derniers sont « déstabilisé·es car plongé·es dans l’incertitude au moment où au contraire il faudrait qu’ils et elles puissent travailler en toute sérénité ».

Il demande donc au gouvernement de « prendre ses responsabilités pour garantir l’avenir de ces étudiant·es », qui « ne doivent pas pâtir de ce contexte ».