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Emmanuel Macron a officialisé mardi 13 septembre lors d’une visite dans un lycée professionnel aux Sables d’Olonnes, le lancement de son plan pour la voie professionnelle. Les syndicats s’opposent fermement à son projet, et accusent Emmanuel Macron de vouloir “tout détruire”, en donnant les pleins pouvoirs aux entreprises. Le Snetaa-Fo, syndicat majoritaire des professeurs de lycée professionnels, a publié un communiqué dans lequel il « condamne cette situation qui peut se résumer simplement : refondation des lycées, les patrons oui, les enseignants non. »

“Je crois à l’apprentissage”

C’est sur ces mots qu’Emmanuel Macron a lancé son discours mardi. Devant les quelques élèves, parents, professeurs et élus réunis au lycée professionnel Tabarly au Sables d’Olonnes, le chef de l’État s’est voulu positif et rassurant. Vantant notamment le nombre d’apprentis passés de 260 000 à 720 000 depuis la réforme de l’apprentissage de 2018. Des chiffres à nuancer toutefois, car ce bond fait par l’apprentissage a surtout été une aubaine pour les étudiants de l’enseignement supérieur et beaucoup moins pour les élèves des lycées professionnels. En effet, près d’un tiers des apprentis sur la période 2020/2021 étaient issus de l’enseignement supérieur. Les écoles de commerce par exemple ont vu une hausse de 74% des apprentis en deux ans.

 “Les conséquences s’annoncent désastreuses”

Emmanuel Macron a dans son disours déclaré vouloir satisfaire les « besoins immédiats des entreprises ». Sud Éducation écrivait en réaction dans un communiqué mardi soir, que “Les conséquences s’annoncent désastreuses pour les plus de 600 000 élèves de la voie professionnelle, un tiers de la jeunesse scolarisée dans le second degré”. Le syndicat regrette en effet que cette augmentation des stages « affaiblisse les enseignements dispensés en lycée professionnel”. Et il n’est pas le seul.
Le Snuep-Fse dans un communiqué regrette également que l’on éloigne les jeunes des salles de classe. “L’augmentation des stages […] impliquera inéluctablement moins de présence des élèves dans nos établissements. Ils ne bénéficieront donc plus, ou beaucoup moins, des projets culturels, artistiques et sportifs alors même qu’ils sont les plus éloignés de ces pratiques”.

Le Snetaa de son côté indique dans un tweet être « vent debout contre cette réforme des lycées professionnels ».

De la main d’oeuvre à bas prix, au détriment de l’enseignement, c’est ce que craignent les syndicats des filières professionnelles. « Les entreprises fixent les programmes, prennent les décisions et se servent en stagiaires » écrit par ailleurs Sud Éducation dans son communiqué.

En réaction au lancement officiel de cette annonce de réforme, une intersyndicale se réunira le 22 septembre, afin de réfléchir à des “moyens d’action pour la stopper”.