La natation scolaire révèle de fortes disparités sociales. Image : Getty

Le constat dressé par le SNEP-FSU n’est pas nouveau. Dès sa conférence de rentrée du 17 septembre, le syndicat évoquait une crise profonde de l’éducation physique et sportive (EPS), marquée par des moyens insuffisants, des infrastructures vieillissantes et des enseignants fragilisés.

S’appuyant sur son rapport consacré aux équipements sportifs dans un contexte post-olympique, il soulignait déjà l’ampleur des besoins : 80 % des gymnases nécessiteraient une rénovation urgente, tandis qu’environ 14 % des collèges ne disposent pas d’un accès à une piscine. Une situation jugée incompatible avec les objectifs éducatifs affichés.

Un accès à la natation encore trop limité

Les données récentes viennent confirmer cette dégradation. Selon une enquête de l’IFOP (février 2026), 22 % des parents déclarent que leur enfant n’a pas appris à nager dans le cadre scolaire.

Par ailleurs, l’étude « Gymnase score 2025 » du SNEP-FSU indique que 14,5 % des collégiens sont privés d’un enseignement de la natation, faute d’équipements suffisants.

Pour le syndicat, ces chiffres traduisent un recul préoccupant d’une compétence pourtant essentielle, tant pour la sécurité que pour la formation physique des élèves.

Des inégalités sociales particulièrement marquées

Au-delà du manque d’accès, la natation scolaire révèle de fortes disparités sociales. Les données de l’enquête « Savoir nager au collège » de la DGESCO, relayées par le SNEP-FSU, montrent que tous les élèves ne sont pas égaux face à cet apprentissage.

À l’entrée en 6e, la proportion d’élèves non-nageurs atteint : 52,3 % en REP ; 63,5 % en REP+ ; contre 31,6 % hors éducation prioritaire.

Des écarts significatifs qui témoignent d’un accès encore largement conditionné par l’environnement social et territorial.

Des choix politiques pointés du doigt

Le SNEP-FSU attribue cette situation à des décisions politiques. Il dénonce une « politique d’austérité » touchant l’école publique, ainsi que les contraintes budgétaires imposées aux collectivités territoriales, responsables des infrastructures sportives.
Pour le syndicat, le manque d’investissements a directement contribué à la dégradation de l’enseignement de la natation et, plus largement, de l’EPS.

Face à ce constat, le syndicat appelle à des mesures structurelles. Il plaide notamment pour la construction de 1 000 piscines sur le territoire, afin de garantir un accès équitable à tous les élèves. Il demande également que les programmes scolaires en cours de réécriture dépassent le simple objectif du « savoir nager » pour porter une ambition plus large : celle d’un véritable apprentissage approfondi de la natation.

Au-delà du cadre scolaire, l’apprentissage de la natation constitue un enjeu majeur de société. Pour le SNEP-FSU, faire de la natation une priorité n’est plus une option, mais une nécessité pour réduire les inégalités et garantir à chaque élève un droit fondamental.