Le décret supprimant les groupes de besoin obligatoires en 6e et 5e a été approuvé par le ministre de l’Education nationale. Image : Getty

La nouvelle version du décret sur la fin des groupes de besoin obligatoires au collège, amendée par la Dgesco, a été soumise au vote du Conseil supérieur de l’éducation ce 15 janvier. Elle a été validée par le ministre de l’Education nationale Edouard Geffray. Dans un communiqué, le syndicat Snes-FSU se félicite d’une « victoire confirmée ».

« Ce n’est pas encore l’abrogation définitive attendue »

Dans ce communiqué, le syndicat publie le décret amendé qui a été soumis au vote et a reçu l’accord du ministre. Ce dernier prévoit qu’« en classes de sixième et de cinquième, en vue notamment de prévenir la difficulté scolaire, un accompagnement pédagogique renforcé est mis en œuvre pour les enseignements de français et de mathématiques, adapté aux besoins des élèves. Il peut donner lieu à des organisations pédagogiques diversifiées, notamment, pour tout ou partie de l’horaire, à des groupes à effectifs réduits et/ou constitués en fonction des besoins des élèves identifiés par les professeurs ». Les premières formulations de ce projet de décret, présentées aux membres du CSE depuis mi-décembre 2025, n’avaient pas remporté l’adhésion des syndicats.

Si « ce n’est pas encore l’abrogation définitive des groupes de niveau que le SNES-FSU revendique », le syndicat estime que la fin du caractère obligatoire de ces groupes est une victoire « très attendue par une profession unie aux côtés des parents d’élèves ».

Les classes de niveau, « dérive idéologique qu’il faut absolument éviter »

Le SE-Unsa émet également dans un communiqué des réserves sur le décret validé par Edouard Geffray. Pour lui, « la fin du caractère obligatoire des groupes de besoins au collège constitue une bonne nouvelle a priori, altérée toutefois par la détermination du ministère à inscrire dans la durée un dispositif auquel il est le seul à croire ». En effet, il ne se satisfait pas du maintien, dans le texte, de la mention des groupes de besoin comme exemple d’organisation pédagogique. Pour lui, « en citant comme exemple ce seul dispositif, le ministère oriente le choix des établissements, mais aussi l’utilisation de la marge d’autonomie des collèges, déjà bien rongée par l’absence de moyens. De plus, la possibilité de mise en œuvre des groupes sur tout l’horaire de français ou de mathématiques ouvre la porte aux classes de niveau, dérive idéologique qu’il faut absolument éviter ».

Même son de cloche du côté de Catherine Prinz, secrétaire nationale de la CGT Éduc’action, citée par l’AEF. Elle « accueille favorablement la fin du caractère obligatoire » des groupes de besoin, mais aurait souhaité qu’ils ne soient plus du tout cités dans le décret. Elle rappelle que « les groupes sont mis en place de manière très variable selon les établissements, et on sait que dans certains, cela favorise le tri et la sélection ».