Manifestation du 17 octobre. Image : VNI

Depuis près d’un mois, la colère gronde dans les lycées français. Ce samedi 17 octobre, une importante mobilisation a rassemblé plusieurs milliers de Français, dont des lycéens à travers tout le pays. Au cœur de leurs revendications : la rénovation des bâtiments scolaires, les emplois du temps moins chargés, le recrutement de davantage d’enseignants et une augmentation générale du budget consacré à l’éducation. Les manifestants réclament également l’abrogation de la plateforme Parcoursup.

Emmanuel Macron promet des « propositions concrètes« 

Face à l’ampleur du mouvement et après plus d’un mois de contestation marqué par des blocages de lycées, le président de la République, Emmanuel Macron, est finalement sorti de son silence lors d’une allocution télévisée, dimanche 18 octobre. Affirmant comprendre les préoccupations des jeunes, il a déclaré : « Ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans. Leur parole doit être entendue, sans a priori et sans minimiser les difficultés« .

Sans annoncer de mesures immédiates, le chef de l’État a promis des « propositions concrètes » dès cette semaine. Il a notamment annoncé que « les lycéens, les étudiants et les enseignants » seraient associés aux « discussions avec le gouvernement« . 

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, sera chargé de « les réunir dans les prochains jours« . Emmanuel Macron a également évoqué les contributions recueillies sur une plateforme de consultation en ligne.

Manifestation du 17 octobre. Image : VNI

Des syndicats enseignants déçus par les annonces

Mais cette intervention présidentielle n’a pas suffi à calmer les tensions. Les réactions syndicales ont été immédiates, notamment du côté du SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, qui dénonce l’absence de mesures concrètes. Sa secrétaire générale, Sophie Vénétitay, estime qu’à ce stade de la crise lycéenne, mais aussi démocratique, repousser les décisions est « irresponsable et dangereux ».

Le syndicat déplore ainsi le manque de réponses du gouvernement après plusieurs semaines de mobilisation. Selon sa secrétaire générale, « c’est toujours le vide absolu concernant la partie éducation ». Elle reproche au président de « jouer avec la montre » en renvoyant les décisions à plus tard.

La colère des organisations étudiantes

Du côté des organisations étudiantes, l’Unef a également vivement critiqué l’allocution présidentielle, estimant « qu’Emmanuel Macron est à côté de la plaque ». Le syndicat dénonce « l’absence de réponses concernant les violences policières subies par certains lycéens » et le « manque de solutions pour la jeunesse mobilisée ». Il juge également que les discussions annoncées par le président seront inutiles si elles ne débouchent pas sur des mesures avant l’élection présidentielle 2027. Pour l’Unef, « la jeunesse n’attendra pas 6 mois » et les interdictions de manifester ainsi que les répressions policières ne suffiront pas à faire reculer la mobilisation.