Pouvez-vous présenter La Minutieuse ?

Sophie Bourel

La Minutieuse est une association loi 1901 qui a pour objectif d’une part de favoriser la fréquentation de la poésie, la diffusion de la voix poétique et la prise de conscience de son importance vitale.. Mise en espace, théâtre, lectures, créations audiovisuelles, performances, ateliers, La Minutieuse, dont le nom est aussi le titre d’un poème de René Char, a d’autre part pour vocation avec ses Mots Écrits, archives de femmes, Histoire des femmes, de s’engager pour le partage à l’égalité du pouvoir de représentation et de décision entre les femmes et les hommes. Ces interventions dans l’espace public prennent des formes diverses, de la représentation des grand.es poètes sur scène, à l’expérience citoyenne pour amatrices et amateurs de tous âges, placé.e.s en situation de lecture publique. La Minutieuse a obtenu l’agrément de l’Académie de Paris en 2017 et l’habilitation de la délégation académique aux Arts et à la Culture (DAAC) en 2020.

Par son aspect pédagogique le projet Mots Écrits, Archives de femmes, Histoire des femmes participe à l’éducation citoyenne à l’égalité. Il est mentionné dans la feuille de route 2018-2022 Égalité Femmes-Hommes du Ministère de la Culture : Mots Écrits, Archives de femmes, Histoire des femmes : développer la visibilité des femmes dans le patrimoine et l’Histoire. En 2021, le programme des ateliers de La Minutieuse qui s’adosse à Mots Écrits, Archives de femmes, Histoire des femmes a reçu le soutien du Fonds Femmes en Méditérranée, de la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité d’Île-de-France. 

Que proposez-vous aux établissements scolaires ?

La question de la non-visibilité des femmes dans les programmes scolaires et dans les manuels est récurrente. Afin de sensibiliser les élèves à une culture d’égalité, nous proposons des mini-conférences de 50 minutes environ destinées aux collégien.ne.s et lycéen.nes sous forme de galerie de portraits commentés et illustrés.

S’adresser aux établissements scolaires c’est afficher notre volonté de mettre en lumière des savoirs peu transmis et de les inscrire sur un territoire – Ces conférences s’adossent et s’articulent aux ateliers de lecture à voix haute incluent dans le projet Mots Écrits, archives de femmes, Histoire des femmes. Nous invitons ainsi les classes à s’y impliquer de différentes manières : enfants et adultes étant réunis dans ce projet commun artistique, pédagogique et intergénérationel. Nous proposons d’une part de sensibiliser les élèves à la lecture à voix hautes à partir d’archives de femmes liées à l’histoire du sport et particulièrement la participation des femmes à la pratique sportive et l’olympisme, et d’autres part en alternance, l’atelier propose une conférence animée sur l’histoire des femmes dans le sport depuis l’antiquité à nos jours.

Comment s’articulent vos ateliers ?

Les participant.e.s sont divisé.e.s en deux groupes.

Nous les accueillons autour d’une conférence en image agrémentée de courtes vidéos sur les femmes dans le sport et d’une initiation à la lecture à voix haute qui permet à chacune et chacun de prendre confiance en soi, de s’entraîner à renforcer son énergie et sa force vitale.

Le premier groupe écoute une conférence de Sonja Jossifort sur l’histoire des femmes dans le sport en parcourant divers portraits de femmes qui se sont illustrées dans un domaine sportif comme par exemple le cyclisme, la conférence est suivie d’un échange avec les élèves.
Pendant ce temps, l’autre groupe apprend avec Sophie Bourel les bases de la lecture à voix haute. (Les matières utilisées pour cet apprentissage sont des archives qui ont servi à l’élaboration de la conférence.). Trois exercices de base sont transmis aux élèves pour leur permettre de continuer à s’entraîner à la lecture à voix haute en toute indépendance.
Puis les groupes permutent.
En troisième heure, les deux groupes peuvent se retrouver pour expérimenter avec Sophie Bourel la mise en espace d’une lecture collective d’un extrait ou d’un montage des archives qui ont servi à construire la conférence de Sonja Jossifort.

Cette année, vous avez décidé de faire un focus sur le Tour de France Femmes. Pourquoi ce choix ?

Nous voulons effectivement célébrer cette année le retour du Tour de France Femmes, après 30 ans de disparition. Cela représente la possibilité de porter haut les valeurs du sport féminin, d’associer le cyclisme et la culture en faisant rayonner en direction des élèves un message d’égalité entre les Femmes et les Hommes dans le sport et dans la société.

En France, dès 1868, des femmes enfourchent les vélocipèdes en portant une sorte de pantalon bouffant à dentelles jugé plutôt osé. Depuis, les femmes cyclistes françaises font de vraies performances et développent cette pratique dans leur quotidien, notamment comme moyen de transport et de loisir.

L’histoire du sexisme dans le cyclisme professionnel permet de voir à quel point le sexisme ordinaire est source d’inégalité entre les femmes et les hommes.

Quels sont les bénéfices pour les élèves de participer à ces ateliers ?

Il est important que les jeunes gens comprennent comment et pourquoi les femmes ont été écartées de la pratique sportive dès le 19ème siècle et particulièrement à l’arrivée des Jeux Olympiques modernes car cela permet de comprendre aussi comment le sexisme a perduré tout au long du 20ème siècle. Ce sexisme dans le sport révèle quand on en prend conscience le sexisme ordinaire dont les femmes et les jeunes filles sont les premières victimes allant parfois jusqu’à s’exclure d’elles-mêmes de pratique considérées comme masculines.

C’est grâce à des pionnières comme Alice Millat, organisatrice des premiers matchs de football féminin et fondatrice de la fédération sportive féminine internationale, que les femmes ont pu peu à peu accéder aux Jeux Olympiques dans certaines disciplines.

Ces ateliers permettent une meilleure connaissance de l’histoire du sport.

Ils encouragent une plus grande mixité, et une contribution plus effective des jeunes filles et des femmes dans les activités sportives à la veille des Jeux Olympiques 2024, qui seront pour la première fois paritaires. L’entraînement à la lecture à voix haute qui s’adresse en toute égalité aux filles et aux garçons leur permet de prendre conscience de leur corps, de trouver le chemin de l’expression individuelle et collective.