Édouard Geffray assure que les personnels peuvent compter sur le soutien de l’institution. Image : Getty

« Ces derniers jours, plusieurs professeurs et personnels de l’Éducation nationale ont été menacés ou agressés », écrit Édouard Geffray sur X. Le ministre de l’Education nationale rappelle que les parents peuvent demander des explications aux enseignants sur une décision prise. « Mais on ne l’insulte pas, on ne le menace pas, on ne l’agresse pas », a-t-il précisé.

« L’institution sera toujours à leurs côtés »

Édouard Geffray assure que les personnels concernés peuvent compter sur le soutien de l’institution. Il rappelle plusieurs dispositifs pouvant être mobilisés en cas de violence. Il cite notamment la protection fonctionnelle et l’action judiciaire.

La protection fonctionnelle permet à un agent public d’être protégé par son administration lorsqu’il est victime de menaces, de violences, d’agressions ou d’autres attaques liées à ses fonctions.

Le ministre annonce également une nouvelle mesure pour les situations les plus graves : « lorsqu’un parent franchit cette ligne, son enfant pourra être changé d’établissement afin de protéger les personnels ».

Comment se passe la procédure ?

Face aux familles agressives, il existe une procédure précise. D’abord, la mise à l’écart temporaire. Si un parent / responsable de l’enfant menace ou met en danger un membre de la communauté éducative, le directeur ou chef d’établissement peut, à titre conservatoire, suspendre l’accès de l’élève ou du parent à l’établissement (durée maximale de 5 jours).

Ensuite, la phase d’instruction. Le directeur académique est saisi et engage obligatoirement un dialogue avec les parents.

Enfin, la décision. Le directeur académique peut acter le changement d’école. Dans le premier degré, il demande au maire de radier l’élève et de l’inscrire dans un nouvel établissement. Dans le second degré, le directeur académique possède un pouvoir direct. Il procède lui-même à la réaffectation de l’élève dans un nouvel établissement scolaire. L’élève bénéficiera d’un suivi pédagogique, éducatif et social renforcé.

Cette mesure a déjà été mise en application : début septembre, un père de famille a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir menacé de décapiter une enseignante de l’école de son fils. A la suite de cette affaire, l’enfant a été changé d’établissement.

Une mesure qui fait débat

Plusieurs syndicats de professeurs et des associations de parents d’élèves critiquent cette méthode. Ils estiment que cela punit l’enfant à la place des parents, et que déplacer l’élève ne fait que déplacer le problème ailleurs.

Sur le plan pénal

Taper un enseignant constitue un délit grave. Un professeur est une « personne chargée d’une mission de service public ». Le frapper entraîne des sanctions sévères : des peines de prison (jusqu’à 3 ou 5 ans selon la gravité des blessures) et de lourdes amendes financières.

Le ministre conclut son message par un engagement. « Aucune violence contre un personnel de l’Éducation nationale ne sera tolérée. Aucune ne restera sans réponse. »

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